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Vendredi, 06 Juillet 2012 11:53

«Gold Buyers, c’est le McDonald’s du marchĂ© de l’or»

Écrit par  Pauline Neerman
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«Gold Buyers, c’est le McDonald’s du marchĂ© de l’or»

« Paiement instantanĂ© pour votre or ». VoilĂ  le slogan et le modĂšle d’entreprise de Gold Buyers, un nouveau venu inhabituel dans le paysage retail belge. Gold Buyers installe d’élĂ©gants kiosques dans les centres commerciaux couverts, oĂč les consommateurs peuvent proposer leurs bijoux en or, argent, platine.  La valeur est estimĂ©e sur place et vous est payĂ©e immĂ©diatement par l’un des 4 Ă  5 collaborateurs  prĂ©sents en permanence dans le kiosque.

Vincent Van Acker, qui assiste Gold Buyers pour le dĂ©ploiement de leur rĂ©seau en Belgique,  nous explique la formule : « Gold Buyers est un concept standard qui est uniforme partout dans le monde. On pourrait en quelque sorte le comparer au McDonald’s du commerce de l’or.


A l’origine Gold Buyers est une entreprise australienne, fondĂ©e il y a six ans environ. TrĂšs vite le concept a Ă©tĂ© lancĂ© aux Etats-Unis et depuis trois ans environ ils sont Ă©galement prĂ©sents en Europe. En Belgique les  kiosques ont fait leur premiĂšre apparition au mois de dĂ©cembre, ils sont aujourd’hui au nombre de 8 (Courtrai, Kapellen, Berchem-Sainte-Agathe, Anderlecht, Woluwe, Hornu, LiĂšge et Mons) ».


Vous n’ĂȘtes pas un inconnu dans le retail belge. Comment ĂȘtes-vous arrivĂ© chez Gold Buyers ?

V.V.A. : « En effet, j’ai travaillĂ© entre autres pour les marques de vĂȘtements Damart et Ulla Popken et  durant une courte pĂ©riode Ă  la direction de La Poste. J’ai mĂȘme commencĂ© ma carriĂšre dans le secteur du bricolage.»

 

Pourquoi ce revirement?  

                                                                                                                                                                           goldbuyers2

V.V.A. : « Lorsqu’en septembre ils m’ont contactĂ© des Pays-Bas en me demandant si je ne voulais pas venir jeter un coup d’Ɠil au concept Gold Buyers,    honnĂȘtement j’étais assez mĂ©fiant. Mais aprĂšs m’ĂȘtre rendu  sur place et avoir vu de mes propres yeux le succĂšs des kiosques, ma curiositĂ© a Ă©tĂ© Ă©veillĂ©e.


La simplicitĂ© du modĂšle me plaisait . La viabilitĂ© d’une formule dĂ©pend, selon moi, de diffĂ©rents facteurs : le premier est la simplicitĂ© (restons simples !), le deuxiĂšme est la motivation du personnel. Le retail n’est pas fait pour les fonctionnaires , pour moi le retail est une question de capital humain. Et c’est ce qu’ils ont trĂšs bien compris chez Gold Buyers, avec leur approche no-nonsense typiquement anglo-saxonne.


Je craignais qu’en Belgique la formule ne marche pas – ou tout du moins pas immĂ©diatement –, car les Belges sont plus rĂ©servĂ©s. Qui plus est quand il s’agit d’argent, le consommateur belge est assez rĂ©ticent. Mais cette crainte s’est avĂ©rĂ©e complĂštement infondĂ©e ».

 

Les Belges n’ont-ils pas dĂ» s’habituer au concept ?

V.V.A. : « DĂšs les premiĂšres semaines Golg Buyers Belgique a battu tous les records ! Nous avons commencĂ© en dĂ©cembre et dĂ©but janvier nous avions dĂ©jĂ  cinq kiosques. GĂ©nĂ©ralement il faut quelques semaines pour que le consommateur s’habitue au concept, mais ici ça a immĂ©diatement dĂ©marrĂ© sur les chapeaux de roues.


Durant le premier mois nous avons lancĂ© un kiosque par semaine. Maintenant le temps est venu de se stabiliser un moment et d’évaluer les choses.  Les cinq kiosques tournent bien ; les premiers rĂ©sultats du kiosque au Basilix Shopping Center sont mĂȘme phĂ©nomĂ©naux. Actuellement nous sommes Ă  nouveau dans une phase de lancement de quatre kiosques, Ă  raison d’un par semaine. Notre objectif est de couvrir entiĂšrement le marchĂ© d’ici fin 2012 ».


Le lancement en Belgique n’a pourtant pas fait grand bruit.

V.V.A. : « Dans le domaine du marketing nous ne faisons aucune publicitĂ© classique above the line. A ce niveau-lĂ  Gold Buyers a une mentalitĂ© trĂšs anglo-saxonne : ils considĂšrent que c’est de l’argent perdu. Non, nous prĂ©fĂ©rons un contact direct. Nous aimons installer nos kiosques prĂšs des supermarchĂ©s, car il y a lĂ  un trafic loyal.


Nous abordons les gens, nous leur expliquons notre concept et nous leur donnons mĂȘme un sac pour faire leur shopping. Nous essayons Ă©galement de renforcer notre visibilitĂ© de façon subtile en offrant par exemple des ballons aux enfants qui en demandent. Ces ballons constituent trĂšs souvent un premier contact entre la maman et les collaborateurs de Gold Buyers.


AprĂšs une transaction nous remettons trois vouchers au client, qu’il peut ensuite donner Ă  un voisin, une amie ou un membre de la famille. Cette publicitĂ© de bouche Ă  oreille est pour nous la meilleure publicitĂ© qui soit ».


Que se passe-t-il avec l’or qui a Ă©tĂ© rachetĂ© ?

goldbuyers1V.V.A. : « Tout l’or achetĂ© est collectĂ© le soir mĂȘme et est envoyĂ© Ă  la raffinerie en Espagne, qui fait Ă©galement office de centre de vĂ©rification: tout y est recontrĂŽlĂ© au niveau de l’authenticitĂ© et de la valeur. Ensuite l’or est rachetĂ© par notre client Ă  ZĂŒrich et refondu en lingots d’or.


Le volume d’or mondial dans sa totalitĂ© est estimĂ© Ă  trois bassins de natation olympiques pleins. La moitiĂ© de ce volume se trouverait chez les gens Ă  la maison. Notre argument de revente de bijoux en or est donc Ă©galement Ă©cologique : il vaut mieux rĂ©utiliser et refondre l’or que de devoir en extraire Ă  nouveau ».


N’y a-t-il pas un rĂ©el danger de pratiques louches ?

V.V.A.: « Lorsque quelqu’un se prĂ©sente, nous testons l’or et l’argent et Ă©valuons la valeur d’aprĂšs le prix du jour. L’or est pesĂ© sur place par un de nos collaborateurs. Il y a donc une transparence totale. Nous faisons les tests gratuitement.


Pour des raisons de sĂ©curitĂ©, les clients doivent se faire enregistrer : nous notons toutes leurs donnĂ©es et nous leur demandons une piĂšce d’identitĂ©. Nous ne faisons aucune transaction sans preuve d’identitĂ©. Si un client se prĂ©sente quatre fois par mois, ceci est automatiquement signalĂ© par notre systĂšme.


Mais il faut l’admettre, c’est un secteur sensible. C’est pourquoi nous invitons la police locale Ă  chaque fois que nous ouvrons un kiosque. Cela contribue Ă  crĂ©er une bonne relation. Le fait que les  kiosques soient ouverts, renforce cette image de transparence et de confiance.


Il y a toujours du mouvement autour du kiosque : les gens voient ce qui s’y passe, viennent jeter un coup d’Ɠil, s’attardent pour s’informer, etc. En six ans de temps nous n’avons jamais eu  de vol dans aucun des 600 kiosques de par le monde, car il y a constamment du passage et un grand contrĂŽle social ».


Qui sont les gens qui viennent vous vendre leurs bijoux ?

V.V.A.: « Nos clients sont des dames de trente Ă  soixante ans. Grosso modo on peut les subdiviser en trois catĂ©gories. Le premier groupe est constituĂ© de femmes qui ont parfois difficile Ă  joindre les deux bouts. En ces temps de crise, nous voyons de plus en plus de gens contraints de se dĂ©faire d’anciens bijoux, parfois mĂȘme des piĂšces d’hĂ©ritage.


La deuxiĂšme catĂ©gorie, ce sont les ‘femmes de luxe’, qui n’aiment plus porter leurs bijoux, parce qu’elles les trouvent dĂ©modĂ©s, s’en lassent et prĂ©fĂšrent s’acheter quelque chose de nouveau. Mais le groupe de loin le plus important, ce sont les couples qui se sĂ©parent. Ils se dĂ©font de leurs bijoux pour diverses raisons : financiĂšres, sentimentales, etc. ».


Trouvez-vous facilement du personnel pour vos kiosques? Quatre employĂ©s Ă  temps plein par stand, ce n’est pas rien.

V.V.A.: « Je cherche toujours de bons employĂ©s. Je tiens Ă  remercier le VDAB, Actiris et le FOREM pour leur professionnalisme, car ils nous ont beaucoup aidĂ©s, mais dans certaines rĂ©gions il est trĂšs difficile de trouver du personnel. A Bruxelles et en Wallonie nous n’avons eu aucun problĂšme, mais Ă  Courtrai notamment il a Ă©tĂ© trĂšs difficile de trouver des candidats.

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Nous formons nous-mĂȘmes notre personnel. Chaque employĂ© a droit Ă  80 heures de formation, et tester l’or cela s’apprend en quelques heures. Nous ne tenons pas compte des origines, des diplĂŽmes, de l’expĂ©rience 
  etc. Ce qui importe le plus c’est que nos collaborateurs aient le contact facile. Ils doivent pouvoir bavarder avec les gens, sans devenir pour autant des forains.


Au niveau de l’organisation du travail notre approche est Ă©galement trĂšs anglo-saxonne et no-nonsense : les quatre Ă  cinq personnes travaillant dans le kiosque forment une Ă©quipe, il n’y a pas d’hiĂ©rarchie, ni de manager. Nous partons du principe que cette Ă©quipe s’organise elle-mĂȘme, mĂȘme pour rĂ©gler leurs heures. Par cinq Ă©quipes il y a quand mĂȘme un district manager Ă  qui ils peuvent s’adresser, s’ils n’arrivent pas Ă  solutionner un problĂšme par eux-mĂȘmes.


D’ailleurs chacun a la possibilitĂ© de devenir district manager. Pour chacun de nos collaborateurs il y a des opportunitĂ©s de carriĂšre, tant au niveau national qu’international. Mais pour rĂ©pondre Ă  votre question : l’expansion se fera trĂšs vite, donc du point de vue de l’organisation, il est important de trouver du personnel».


A quelle vitesse se fera cette expansion ?

V.V.A.: « Cela dĂ©pendra de la rapiditĂ© avec laquelle nous trouverons des partenaires, c’est-Ă -dire des gĂ©rants ou propriĂ©taires de centres commerciaux. Il est vrai qu’en Belgique il y a moins de centres commerciaux couverts que dans les pays voisins, mais ils sont plus grands. Aux Pays-Bas par exemple chaque ville – si petite soit-elle – Ă  son petit centre commercial, mais Ă  plus petite Ă©chelle.


Ouvrir des kiosques en dehors des centres commerciaux n’est pas une option pour Gold Buyers. Notre business nĂ©cessite une bonne visibilitĂ© et beaucoup de passage. Et les centres commerciaux profitent Ă  leur tour de notre prĂ©sence : des Ă©tudes dĂ©montrent que 80% de l’argent que les gens rĂ©cupĂšrent chez nous, est ensuite immĂ©diatement dĂ©pensĂ© dans le shopping center ».

 

 

Traduction : Marie-Noëlle Masure

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