Retail Detail
donderdag 29 maart 2012 11:13

Retailing 2020 : Serving the digital consumer

door  Pauline Neerman
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Retailing 2020 :  Serving the digital consumer

L’influence d’internet sur l’avenir du shopping est indĂ©niable. La question essentielle est de dĂ©terminer en quoi le comportement du consommateur se modifiera et comment les retailers s’ adapteront Ă  ces changements de façon adĂ©quate. Nous tenterons de rĂ©pondre Ă  ces questions lors du premier CongrĂšs RetailDetail. Mais Gino Van Ossel, professeur Ă  la Vlerick nous donne d’ores dĂ©jĂ  un petit avant-goĂ»t.

Le consommateur digital

Comme le professeur David Nicholas  du University College de Londres nous l’exposera le 26 avril, le monde digital a fait naĂźtre le consommateur digital. Dans son Ă©tude concernant la consommation mĂ©diatique, le professeur Nicholas a observĂ© que les gens deviennent de plus en plus ‘promiscue’ : ils digĂšrent des informations Ă  une vitesse incroyable, comme si de rien n’était.


Il y a une Ă©volution trĂšs nette dans la maniĂšre d’aborder l’information : nous sommes passĂ©s d’une approche approfondie de l’information Ă  un scanning superficiel. En effet dans un rapport par exemple les gens se contentent de lire le sommaire, les Ă©tudes sont rĂ©sumĂ©es dans des prĂ©sentations, qui sont ensuite diffusĂ©es sur Twitter, souvent  rĂ©duites Ă  une seule phrase. Autre exemple : 40% des sites visitĂ©s par un internaute, ne seront plus jamais consultĂ©s ultĂ©rieurement.


Joeri Van den Bergh, co-auteur de ‘How cool brands stay hot’, lui aussi dĂ©crivait la GĂ©nĂ©ration Y comme des junkies accros Ă  de nouveaux  stimulants. Ils recherchent sans cesse des stimuli visuels, qui entravent la lecture au niveau du contenu.


Ce comportement toutefois ne se limite plus Ă  la GĂ©nĂ©ration Y – ou la gĂ©nĂ©ration Google selon le professeur Nicholas : actuellement toutes les gĂ©nĂ©rations, tous Ăąges confondus, prĂ©sentent de plus en plus des caractĂ©ristiques propres au consommateur digital. MĂȘme offline ces nouvelles habitudes sont perceptibles, et d’autant plus durant le shopping


 

‘Shopper-centric commerce’

Comment les retailers doivent-ils s’adapter Ă  ce nouveau comportement du consommateur digital ? Comment peuvent-ils y rĂ©pondre concrĂštement ? Si le consommateur applique Ă©galement son comportement digital dans le magasin physique, il ne suffit donc plus d’ĂȘtre Ă  la page au niveau online, en lançant un webshop ou des applications mobiles. De plus en plus de commerçants en sont conscients.


« Il ne s’agit pas de technologie, mais du client et de sa perception. Au lieu de continuer Ă  catĂ©goriser le retail en e-commerce, m-commerce, f-commerce 
 etc., il vaudrait mieux penser en termes de ‘shopper-centric commerce’. Le mot-clĂ© est tout simplement ‘le commerce’, sous toutes ses formes, centrĂ© sur  le ‘shopper’ », selon l’expert en retail Gino Van Ossel.


Les retailers adoptent encore trop souvent cette approche cloisonnĂ©e d’autrefois : « Pour le segment online il faut un webshop, pour le consommateur mobile il faut une application mobile, 
 » Aujourd’hui les choses fonctionnent diffĂ©remment. Il s’agit de combiner tous ces canaux, comme l’exprime parfaitement le terme ‘cross-channel’ : le mĂȘme consommateur achĂšte via diffĂ©rents canaux, d’aprĂšs le produit et d’aprĂšs les circonstances.


C’est pourquoi Van Ossel prĂ©fĂšre le terme ‘shopper-centric commerce’ : « ‘Shopper-centric’ signifie que le client constitue le point de dĂ©part  et qu’il faut donc s’interroger sur le comportement d’achat du client et sur les changements que ce client souhaite. Il faut donc y apporter ses propres solutions au-delĂ  des canaux . »


« A titre d’exemple : Sephora, la chaĂźne française de parfumerie et cosmĂ©tiques, qui outre son site web trĂšs complet  - avec des films vidĂ©o et un forum - propose une application diffĂ©rente pour  iPad et iPhone », explique le professeur de la Vlerick. « L’application pour iPad se sert habilement de la camĂ©ra iPad2 comme miroir pour donner des conseils de maquillage Ă  l’utilisatrice, alors que l’application iPhone permet le scanning  de codes-barres. C’est ce qu’on appelle une dĂ©marche ‘shopper-centric’ : on a pensĂ© aux diffĂ©rentes maniĂšres dont les consommateurs utilisent les appareils mobiles, et ce au profit du consommateur ! »


Le phĂ©nomĂšne ‘mobile’

Toute cette effervescence autour du phĂ©nomĂšne ‘mobile’ doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e avec prudence selon Gino Van Ossel : « L’erreur la plus courante est celle du ‘mobile for mobile’s sake’. On nous bombarde de statistiques comme quoi  ‘le commerce mobile aurait doublé’ ou encore que ‘le m-tail reprĂ©sente 10 milliards d’euros’, mais cela ne donne pas une image exacte de la rĂ©alitĂ©. »


Le terme ‘mobile’ en soi est  inappropriĂ©, selon le professeur Van Ossel, Ă©tant donnĂ© qu’en gĂ©nĂ©ral tant les smartphones que les tablettes PC son catĂ©gorisĂ©s sous ce mĂȘme terme. A tort, car la plupart des utilisateurs de tablettes sont dĂ©pendants du WiFi et ne sont donc pas si mobiles que ça. « Le retailer online Wehkamp.nl  a constatĂ© que les heures de pointe pour les visiteurs via iPad se situaient entre 18 h et 22 h. On pourrait donc dire que ledit ‘mobile commerce’ est en fait du ‘couch commerce’ : le client est installĂ© dans son fauteuil aprĂšs le travail et en gĂ©nĂ©ral devant sa tĂ©lĂ©. Ce qui nous ramĂšne donc au scanning superficiel du consommateur digital. »


La dĂ©marche des retailers doit donc ĂȘtre diffĂ©rente pour les tablettes que pour les smartphones. Pour les smartphones par exemple le taux de conversion est beaucoup plus bas : l’écran est trop petit pour pouvoir vĂ©ritablement faire du shopping.


Et dans tout cela, il ne faut certainement pas oublier le magasin physique : la plupart des consommateurs n’optent pas pour un commerce purement digital. MĂȘme le ‘pure player’ Amazon s’est lancĂ© dans le magasin physique, car c’est trĂšs important pour ses tablettes Kindle.

 

Du point de vue du retailer  

Lors du congrĂšs Retailing 2020, Frank de Moor du groupe Macintosh Retail et Erwin Van Osta de la chaĂźne de bricolage Hubo nous expliqueront comment, en tant que personnalitĂ©s marquantes du retail, ils perçoivent cette Ă©volution et comment ils rĂ©pondent concrĂštement  Ă  ces changements. Tout en Ă©tant des retailers trĂšs diffĂ©rents, ils croient tous deux dur comme fer au magasin physique.


Comment le magasin physique peut-il s’adapter Ă  ce nouvel environnement ? Et surtout :  comment une entreprise retail qui suit le mĂȘme cap depuis des dĂ©cennies peut-elle brusquement virer de bord  ? Il s’agit souvent de grandes chaĂźnes de magasins qui ne sont pas toujours aussi maniables.


Pour les retailers traditionnels c’est surtout l’aspect logistique qui pose problĂšme, lorsqu’ils utilisent subitement diffĂ©rents canaux. Le flux continu de marchandises - non seulement aller, mais Ă©galement retour – Ă©tait un phĂ©nomĂšne inconnu jusqu’à prĂ©sent pour les chaĂźnes de magasins. Dans le commerce digital de la mode par exemple 30% des commandes sont retournĂ©es, selon une enquĂȘte du VIL (Institut flamand pour la logistique).


Non seulement la logistique des retours reprĂ©sente un fameux dĂ©fi, mais les livraisons elles aussi constituent un souci important. Quasi la moitiĂ© des  retailers ayant un webshop en Flandre craignent la complexitĂ© des livraisons. « L’e-fulfilment est plus difficile et complexe qu’il n’y paraĂźt. Lorsque vous gĂ©rez un magasin physique, il faut uniquement contrĂŽler le stock et la disponibilitĂ© en rayon. A prĂ©sent s’y est ajoutĂ© un nouvel Ă©lĂ©ment trĂšs important », conclut Goedele Sannen, Senior Expert du VIL.


« Toutefois les retailers online ont également leurs désavantages. Ils ont un avantage au niveau logistique, mais la visibilité et la confiance demeurent les grands atouts des commerçants traditionnels », souligne le professeur Van Ossel.

 

Chacun ses canaux     

Tout retailer doit donc dĂ©terminer par lui-mĂȘme les canaux qui lui conviennent le mieux. De par la grande diversitĂ© des produits, certains canaux seront plus appropriĂ©s que d’autres, mais il y a de nombreux autres facteurs Ă  prendre en considĂ©ration - dont le principal est le comportement spĂ©cifique du client - qui eux aussi dĂ©termineront le mix optimal des canaux Ă  utiliser pour une entreprise.

 

Ce cheminement sera diffĂ©rent pour chacun. « Il est trĂšs important de se poser deux questions bien prĂ©cises : que veut-on atteindre avec son entreprise et comment peut-on y arriver ? », conclut Gino Van Ossel. «  Le 26 avril inspirĂ©s par le point de vue du professeur Nicholas et les tĂ©moignages de Frank De Moor et Erwin Van Osta, nous discuterons avec tous les participants, afin d’échanger nos idĂ©es sur ce que le retail nous rĂ©servera en 2020. »

 

Soyez des nîtres le 26 avril 2012 à Anvers et inscrivez-vous au Congrùs RetailDetail – Retailing 2020 : Serving the Digital Consumer.

 

 

Traduit par Marie-Noëlle Masure

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