« Pas de création d’emplois dans le commerce belge en 2012 »

« Pas de création d’emplois dans le commerce belge en 2012 »

« C’est la première fois depuis que j’occupe cette fonction, que notre secteur ne créera pas d’emplois, alors que nous en générions en moyenne 3.000 à 4.000 par an », déplore Dominique Michel,  administrateur délégué de la fédération du commerce Comeos depuis trois ans.

« Il n’est pas encore question de catastrophe, mais le moteur s’enraye »

Ce weekend dans le journal l’Echo, Dominique Michel exprimait son inquiétude concernant le commerce dans notre pays : « Tout le monde est très nerveux. Le premier semestre de l’année s’est déroulé de manière relativement stable, avec une croissance du chiffre d’affaires de 1% à 2% , mais depuis fin juin nous constatons un fort ralentissement qui s’est encore accentué en septembre et octobre. (…). Il n’est pas encore question de catastrophe, mais le moteur s’enraye. »


Selon Michel tous les secteurs sont touchés. « Le secteur de la mode (qui s’en est bien sorti les six premiers mois) commence à ralentir sérieusement, tout comme le secteur des loisirs (dvd, cd , jeux, …) et de l’électronique, comme en témoigne le cas de Photo Hall. » La crise et la révolution technologique – Dominique Michel fait référence au confort d’achat et aux prix inférieurs de l’e-commerce – contraignent même « les grandes chaînes comme Media Markt et la Fnac à revoir leur modèle d’entreprise. Certaines chaînes devront complètement se réinventer, sinon elles disparaîtront. »


La branche alimentaire est elle aussi sous pression. « Dans ce secteur, on a pas le choix : c’est investir ou mourir. Etant donné que les frais fixes ne cessent d’augmenter, les chaînes sont obligées d’étendre leur surface commerciale pour pouvoir amortir ces coûts », explique Michel faisant référence à la reprise des treize magasins O’Cool par Carrefour.


Une crise de longue haleine

Rien d’étonnant à ce que cette situation ait des conséquences sur l’emploi. « Depuis 2009 les marges ne cessent de reculer. C’est une tendance très nette, même pour ceux qui affichaient encore de bons résultats jusqu’il y a peu », poursuit Dominique Michel. « Qui dit marges en baisse, dit moins d’investissements dans de nouveaux magasins, dans la rénovation de magasins existants et par conséquent dans de nouveaux jobs. ».


C’est pourquoi, selon Michel, l’avenir s’annonce difficile pour le monde du retail dans le prochaines années. « C’est la première fois depuis la crise bancaire en 2008 que nous assistons à un tel ralentissement avec un impact direct sur l’emploi. Même à cette époque on générait encore des emplois. Ce qui m’inquiète, c’est que nous sommes confrontés à un phénomène de longue haleine, qui ne sera pas solutionné d’ici l’année prochaine. Si l’industrie est un paquebot, le retail est un paquebot transatlantique, car il est le principal employeur du pays. Un tel navire est encore plus difficile à manœuvrer, qui plus est à faire changer de cap. »

 

 

Traduction : Marie-Noëlle Masure

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