2013, une année difficile pour le commerce belge

2013, une année difficile pour le commerce belge

Excepté pour les discounters, l’année 2013 fut médiocre pour le commerce belge. Dans certains secteurs les ventes ont régressé et  les coûts ne cessent d’augmenter, indique Comeos dans son rapport de conjoncture trimestriel.

Le secteur non-food est le plus touché

Au niveau de la consommation la tendance est plutôt positive : en 2013 la consommation privée en Belgique a augmenté de 0,6%, alors qu’en 2012 on notait un recul de 0,3%.


Néanmoins le secteur non-food a vu son chiffre d’affaires régresser de 0,4% en 2013, selon le rapport de Comeos. Les ventes dans le segment Electro ont reculé de 1,3%, alors que le segment de la mode enregistre une baisse de 3,9%.


Les discounters font de bonnes affaires

Par contre le secteur alimentaire a obtenu de meilleurs résultats : les ventes en 2013  ont progressé de 0,8% en volume et de 3,6%  en valeur. Ces chiffres cachent pourtant certaines divergences d’après le type de point de vente. Ainsi les petits supermarchés ont perdu 4% de part de marché. En revanche les discounters gagnent du terrain avec une augmentation de la part de marché de 4,5%.


Cette montée en force des discounters témoigne de l’importance grandissante des marques de distributeur qui représentent aujourd’hui 34,8% du marché, soit trois fois plus qu’en 1985. « La crise pousse le consommateur à se montrer très prudent et à rechercher les meilleurs prix. Tous les achats qui ne sont pas absolument nécessaires sont reportés à plus tard », explique Comeos.


L'avantage de cette situation est la faible l’inflation, qui en 2013 n' a augmenté que de 1,1%, contre 2,8% en 2012 et 3,5% en 2011. Pour 2014 on table sur 0,9%. Le shop index, qui reflète l’évolution des prix en magasin, suit cette même tendance.


Les loyers élevés inquiètent les commerçants

Par ailleurs les commerçants sont confrontés à des coûts qui ne cessent d’augmenter : « En dix ans, les loyers ont enregistré une progression allant jusqu’à 68% en centre-ville, avec des prix pouvant atteindre 1.800 euros/m²/an. En périphérie on note une augmentation des loyers allant jusqu’à 46%, avec des prix allant jusqu’à 170 euros/m²/an », souligne Comeos.


Par conséquent début 2014 il restait 84.771 magasins, contre 89.924 début 2009. Pour la cinquième année consécutive on observe une baisse du nombre de magasins occupés.


Quant au taux d’inoccupation il continue d’augmenter : actuellement pas moins de 18.171 magasins sont vides, soit 8% de plus que début 2013. La montée du commerce électronique y est certainement pour quelque chose : en effet, selon les chiffres de Comeos, la part de marché du e-commerce s’élève à 5%. En 2013 les ventes en ligne ont progressé de 20%.


Recul de l’emploi

A noter également que les coûts salariaux élevés affectent le secteur. Dans le retail, les coûts salariaux sont de 20% supérieurs à ceux appliqués dans nos pays voisins.


« Suite à ces difficultés, le secteur a enregistré une perte de 2.685 emplois au cours de l’année écoulée. Il s’agit là d’une première pour le commerce – même après la crise de 2008, nous étions encore parvenus à créer des emplois nets. À présent, en un an et demi, nous avons perdu près de 4.000 emplois », déplore Dominique Michel, administrateur délégué de Comeos.


L’année 2014 s’annonce meilleure

Heureusement les perspectives pour 2014 sont plus encourageantes. Pour cette année l’on s’attend à ce que la consommation privée dans notre pays progresse de 1,3%, soit le double par rapport à 2013. Le taux d’épargne des ménages belges passerait de 15,2% à 15,1%.

 

 

Traduction : Marie-Noëlle Masure

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