Bientôt Google et Facebook auront accès aux informations de compte

Bientôt Google et Facebook auront accès aux informations de compte

D’ici peu, des entreprises comme Google, Apple et Facebook pourront avoir accès aux données de paiement des consommateurs.  C’est le résultat d’une directive européenne qui a pour objectif de favoriser la concurrence.

L’Europe prépare une directive

Aujourd’hui, ce sont les banques qui règlent le trafic des paiements, mais de plus en plus d’institutions non-bancaires souhaitent avoir leur part du gâteau.  Ainsi, Google a développé son Wallet permettant d’effectuer des paiements par internet.  Des entreprises comme Facebook et Apple, entre autres, disposent déjà de telles applications ou sont en train d'en développer.  Les informations sur les paiements - et donc sur le comportement d’achat des consommateurs - recueillies par les entreprises sont d'une grande valeur.

 

Au niveau européen, une directive a été élaborée pour ces prestataires de services de paiements tiers, notamment dans la directive PSD2, PSD signifiant Payment Service Directive II.

 

La directive permet à ces prestataires tiers, et ce avec l’accord du titulaire de compte, d’initier des transactions de paiement via une application internet.  Les banques sont obligées de soutenir cette application.  De plus, les prestataires tiers ont la possibilité d'utiliser les informations bancaires, à condition que les titulaires de compte les y autorisent.  Les banques doivent permettre cet accès.

 

Etant donné qu’il s’agit d’une directive européenne, elle doit d’abord être adaptée à la législation nationale.  De plus, la directive doit encore obtenir le feu vert du Parlement européen et du Conseil européen des ministres.

 

L’impact va bien plus loin que la proposition d’ING

Il y a quelques mois encore le projet de la banque ING visant à utiliser les données des comptes des clients pour leur soumettre des offres commerciales, à condition que le client en donne l’autorisation, avait été très controversé.  Si la directive telle qu’elle est sur la table aujourd’hui est adoptée, elle permettra des applications beaucoup plus larges.

 

“La Commission européenne a déclaré que le consommateur était aux commandes.  S’il souhaite que ses données soient partagées avec des tiers, la banque doit s'y plier », affirme Piet Mallekoote de Betaalvereniging Nederland, qui représente les intérêts des organismes de paiement, dans le journal Het Financieel Dagblad.

 

Mallekoote lance d'ailleurs un sérieux avertissement aux banques : “Si le secteur bancaire ne fait rien et n’investit pas dans l’innovation, d’ici dix ans, il sera devenu une sorte de back-office et le trafic des paiements se retrouvera aux mains de tiers.  Vous aurez différents acteurs et les modèles d’affaires vont changer.  Un sujet à examiner en profondeur. »

 

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