Le gendarme français de la concurrence se montre critique face aux alliances d’achat

Le gendarme français de la concurrence se montre critique face aux alliances d’achat

« Il est important que la grande distribution corrige ses alliances pour prendre en compte les risques concurrentiels », estime l’Autorité française de la concurrence, qui s’est penchée sur les alliances d’achat des grands distributeurs français.

Quatre groupes couvrent 90% du marché

Petit retour en arrière : le 10 septembre 2014 les distributeurs français Auchan et Système U annonçaient la collaboration de leurs services d’achat. Un mois plus tard Intermarché et Casino suivent ce même exemple et le 22 décembre Carrefour et Cora/Match font de même. C’est alors que le gouvernement français a demandé à l’Autorité de la concurrence un avis fondé et documenté. Ce rapport vient d’être publié.


« Suite à tous ces accords, le marché est actuellement réparti entre quatre grands groupes d’achat (Intermarché-Casino, Carrefour-Cora, Auchan-Système U et E.Leclerc), qui ensemble couvrent plus de 90% du marché », indique le rapport. Cette grande concentration du marché risque de nuire à la libre concurrence, craint le gendarme de la concurrence.


La libre concurrence menacée

Premièrement la collaboration au sein des alliances d’achat peut dériver vers des échanges d’informations sur la stratégie commerciale, l’assortiment, les opérations promotionnelles, et de ce fait réduire la concurrence.


Deuxièmement la mobilité inter-enseigne risque d’être réduite : en effet deux concurrents faisant partie de la même alliance d’achat ne tenteront pas de se chiper des magasins entre eux.Côté fournisseurs, il y a le risque de déréférencement en cas de désaccord sur les prix ; ce qui non seulement affaiblit leur propre position dans les négociations, mais peut également perturber le reste du marché.


D’autre part certains fournisseurs risquent de se retrouver  dans une situation de ‘dépendance économique’ - en France c’est le cas dès qu’un client représente plus de 15% du chiffre d’affaires du groupe –, ce qui peut entraîner des abus de la part des distributeurs.


C’est pourquoi l’Autorité française de la concurrence invite les distributeurs et les fournisseurs concernés à faire les corrections nécessaires et souligne qu’elle veillera au strict respect des règles de la concurrence. Parallèlement l’Autorité de la concurrence demande au gouvernement français d’adapter la loi, afin qu’elle ait davantage d’influence pour pouvoir contrôler ces alliances.


A noter que l’avis rendu par l’Autorité de la concurrence n’est pas contraignant et que le gendarme de la concurrence ne peut donc pas remettre en question les alliances des distributeurs, ni leur imposer des changements. Toutefois le gouvernement pourrait se baser sur cet avis  pour apporter certaines modification à la loi. Reste à voir s’il en a l’intention …

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