Un éventuel blocage des prix suscite la colère du secteur retail

Un éventuel  blocage des prix suscite la colère du secteur retail

Dès  2013 les fonctionnaires du SPF Economie pourraient  prendre des mesures correctives au niveau des prix,  y compris le blocage des prix si nécessaire. Cette nouvelle  a suscité l’indignation de la fédération du commerce Comeos. Dominique Michel, Administrateur délégué, qualifie  cette procédure  d’ « inacceptable, contre-productive et populiste ». De son côté le ministre de l’Economie Johan Vande Lanotte  tempère et affirme que « la politique de concurrence en Belgique est  sous-développée ».

« Inacceptable et contre-productif… »

Le projet du gouvernement Di Rupo visant à permettre un blocage des prix dans le commerce, a été très mal accueilli par Comeos. Le Conseil des ministres se penchera prochainement sur un avant-projet de loi.  Comeos estime qu’un gel des prix à la consommation est tout à fait inacceptable.


« Je comprends que le gouvernement veuille garder l’inflation sous contrôle », indique Dominique Michel de Comeos. « Il est préoccupé par les différences de prix observées entre les magasins belges et leurs concurrents dans les pays voisins. Mais le blocage des prix est le pire de tous les remèdes imaginables. Une telle mesure aura même un effet contre-productif ».


Par ailleurs Comeos estime que non seulement les commerçants, mais également les consommateurs seront  perdants : « Le commerçant sera obligé de vendre à perte,  alors que ce n’est pas permis légalement » et par conséquent « pour compenser cette perte, il va relever artificiellement ses marges sur d’autres produits ». Donc finalement  personne n’y gagne.


« ...et populiste »

« Tout semble indiquer que le gouvernement dissimule les vrais problèmes derrière une série de mesures populistes »,  estime Dominique Michel. Et pourtant les problèmes dans le secteur sont nombreux : « Nos coûts salariaux sont 20 % plus élevés que ceux des Pays-Bas, la TVA belge est supérieure à la TVA allemande ou française,… Les coûts salariaux, le manque de flexibilité du travail dans le secteur, les mesures fiscales et les prix du commerce de gros font qu’un commerçant belge doit faire face à des coûts 7% plus élevés que ceux de son concurrent aux Pays-Bas, en Allemagne ou en France. »


« Pas facile dans ce contexte d’offrir toujours les prix les plus avantageux. C’est la raison pour laquelle, chaque année, le commerce belge perd 2,5 milliards d’euros au profit des magasins étrangers, et malgré tout le gouvernement refuse de s’attaquer à ces problèmes structurels », conclut Dominique Michel.

 

… mais « leur colère est injustifiée » ?

Sur Radio 1, le ministre de l’Economie Johan Vande Lanotte (SP.A) a réagi aux propos de Comeos. Le ministre indique que «  l'Observatoire des prix ne peut pas bloquer les prix, mais seulement effectuer une étude.  L’Autorité de la concurrence, qui est un organe indépendant, peut ensuite prendre les mesures qui s’imposent. »  Le ministre rappelle également qu’ « il est possible de faire appel  de cette décision. Ce ne sont certainement pas des fonctionnaires qui vont aujourd'hui bloquer les prix. »


Selon Vande Lanotte les commerçants peuvent encore s’estimer heureux, car l’Union européenne veut aller beaucoup plus loin : « Notre politique de la concurrence est sous-développée par rapport à d'autres pays. Nous avons discuté de cette mesure avec l’UE ». Voilà donc le secteur prévenu …

 

 

Traduction : Marie-Noëlle Masure

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