Pourquoi l’e-commerce au Benelux est-il avant tout un business international ?

Pourquoi l’e-commerce au Benelux est-il avant tout un business international ?

Pour la plupart des retailers, l’aspect logistique est l’un des principaux défis dans le domaine de l’e-commerce. C’est pourquoi il est important que les prestataires de services logistiques s’impliquent également, estime Bob van Ierland, directeur International Parcels chez TNT Post. Lors du pré-congrès Retaildetail du 25 avril, intitulé ‘E-commerce : why swtich ?’, il nous dévoilera les principales tendances et développements logistiques sur le marché international de l’e-commerce.

Quelles évolutions percevez-vous sur le marché international de l’e-commerce ?

B.v.I.: « Tout d’abord on constate que le rôle du consommateur a changé. De plus en plus le client est aux commandes, même quand il s’agit d’e-commerce. Le client choisit lui-même l’entreprise qui livrera son colis. Pour nous, concrètement cela  signifie que le consommateur devient un client direct, alors qu’autrefois seul l’expéditeur était notre client. C’est très important, car pour les ‘pure players’ nous sommes leur carte de visite. Nous sommes le seul point de contact ‘physique’ entre le client et le retailer.


D’autre part le flux de données et d’informations devient un facteur essentiel. L’aspect purement physique de la logistique paraît une évidence : le fait de transporter un colis d’un endroit à un autre en respectant les délais est une chose qui vois de soi,  tout comme il normal qu’au restaurant les couverts soient propres. Par contre ce qui est nouveau, c’est l’importance accordée aux systèmes de track&trace et la collecte d’informations correctes relatives aux clients.


Ceci s’explique notamment par l’énorme croissance des applications crosschannel. Avant – et je parle d’il y a deux ou trois ans seulement – il y avait le multichannel, où l’on utilisait parallèlement différents canaux. Aujourd’hui on pratique le crosschannel, où les différents canaux se chevauchent, ce qui complique encore les choses. La réussit future des retailers dépendra de la manière dont ils arriveront à allier judicieusement tous ces canaux. C’est ce que souhaite le consommateur. »

 

Il est frappant que le marché de l’e-commerce au Benelux soit à ce point ‘cross-border’

B.v.I.: « Effectivement, l’e-commerce se développe au-delà des frontières administratives. L’export venant d’Asie et des Etats-Unis vers l’Europe est important. Aux Etats-Unis le marché commence à se saturer, raison pour laquelle ils se tournent vers l’Europe pour écouler leurs produits.


Chaque webshop commence par se concentrer sur le marché intérieur, jusqu’au moment où on se demande comment s’étendre davantage. Soit on opte pour un élargissement de l’assortiment, soit on opte pour une expansion géographique.


Le marché belge surtout se caractérise par cette orientation ‘cross-border’, bien que ce phénomène soit perceptible dans tout le Benelux. A noter également que les Flamands se tournent davantage vers les webshops néerlandais, alors que les Wallons optent plutôt pour les webshops français.


C’est pourquoi on constate une stagnation  de l’e-commerce belge : le marché online national ne se développe pas et par conséquent notre pays ne parvient pas à rattraper son retard. »

 

La Belgique peut-elle encore rattraper son retard ?

B.v.I.: « Je pense qu’il est grand temps que les entrepreneurs belges s’y mettent, autrement il sera trop tard. Les frais d’entrée étant élevés, la rapidité est de mise : après trois ans environ, il y a peu de chance que vous parveniez à concurrencer une valeur sûre.


La question essentielle qu’il faut se poser est de savoir si en Belgique il y encore des opportunités pour de grands e-tailers nationaux ? La réponse dépend de la catégorie de produits : pour certaines catégories, il y a certainement encore des lacunes sur le marché, mais dans les segments déjà largement couverts par des pure players online cela me semble difficile. Quoi qu’il en soit ils devront se lancer endéans les deux ans, sinon il sera vraiment trop tard.


A l’avenir la Belgique restera probablement avant tout un pays d’importation. Ce qui en soi est dommage, sachant qu’en général l’import est plus cher et que les délais de livraison sont toujours liés à la distance. Dans cette optique l’e-commerce belge pourrait développer un marché online de produits frais ou de produits exigeant une certaine urgence, pour lesquels il est difficile de faire appel à l’étranger.


Autre possibilité : former des alliances. Ainsi en Belgique,  des retailers nationaux pourraient conclure des partenariats avec des e-commerçants, afin de créer  un effet crosschannel, qui renforcerait mutuellement les partenaires. »

 

 

‘E-commerce : why switch ?’ est un avant-programme dans le cadre du Congrès Retaildetail du jeudi 25 avril au San Marco Village à Schelle. Découvrez ici la totalité du programme et inscrivez-vous via www.retaildetailcongres.be.

 

 

Traduction : Marie-Noëlle Masure

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