'Standaard Boekhandel réalise le plus gros chiffre d’affaires par habitant au monde'

'Standaard Boekhandel réalise le plus gros chiffre d’affaires par habitant au monde'

Frans SchotteDepuis plus 25 ans Frans Schotte est à  la barre de Standaard Boekhandel. Sous sa direction la chaîne de librairies est passée d’une faillite virtuelle à une position de leader sur le marché belge. Mais l’homme de 64 ans, originaire de Flandre Occidentale, a lui aussi parcouru un long chemin : il a gravi les échelons en commençant comme enseignant pour devenir ensuite directeur du personnel et terminer CEO.

Et durant cette carrière bien remplie, il a même trouvé le temps d’aider une équipe de football à se hisser de la deuxième à la première classe.

Aujourd’hui tout le monde vous connaît comme retailmanager, mais vos racines se trouvent dans les RH.

F.S. : « En effet, avant mon arrivée chez Standaard Boekhandel, j’ai occupé plusieurs fonctions dans le secteur du personnel. D’abord dans une entreprise métallurgique, Van de Kerckhove à Roeselare, ensuite dans la maison d’édition Roularta. Finalement en 1984 j’ai atterri chez Standaard Boekhandel via un chasseur de tête.


Dans un premier temps j’y ai commencé en tant que gestionnaire de crise.  C’était une entreprise en faillite virtuelle. Nous avions à ce moment-là 24 magasins, avec un chiffre d’affaires global de 17 millions d’euros et une perte de 2,7 millions d’euros. Cette perte équivalait au coût total du personnel.


Standaard Boekhandel devait donc se développer le plus rapidement possible, en maintenant des coûts fixes identiques, mais en réduisant les coûts variables. Nous avons réussi à le faire, car aujourd’hui  le chiffre d’affaires s’élève à 190 millions d’euros pour 140 magasins et nous réalisons un bénéfice de 14 millions d’euros. »

Standaard Boekhandel a-t-il atteint son plafond ?

Standaard Boekhandel GentF.S. : « Chaque année nous ouvrons encore cinq à huit magasins supplémentaires. Nous pouvons maintenir ce rythme de croissance. Ainsi l’année dernière nous avons lancé des magasins périphériques, le long des grands axes routiers. Ce nouveau format offre de nombreuses possibilités de croissance. D’autre part chaque année nous transformons trois à cinq magasins existants qui ont besoin d’être agrandis ou rafraîchis.


En ce moment nous avons déjà trois nouveaux magasins au programme pour l’année prochaine. Et je crois en toute confiance que nous réussirons à le faire également l’année d’après. En Flandre il y a une librairie pour 25.000 habitants, aux Pays-Bas il y en une pour 10.000 habitants. Le point de saturation n’a donc pas encore été atteint.


Autre forme d’expansion : notre webshop qui existe depuis le mois d’octobre. Notre librairie online n’a démarré qu’il y a trois semaines et nous obtenons déjà de très beaux résultats. Sans avoir fait de publicité, nous avons déjà accueilli plus de 120.000 visiteurs uniques. »

Ne craignez-vous pas que le webshop menace vos librairies physiques?

F.S. : « La vente online n’est pas une menace pour nous. Les livres sont le genre d’articles que les clients aiment prendre en mains. C’est d’ailleurs l’une des réactions les plus fréquentes sur le webshop : les clients demandent de pouvoir tenir le livre en mains et de le feuilleter avant de l’acheter.


Standaard Boekhandel baanwinkelC’est pourquoi nous avons opté pour une approche multicanal : l’internet et les magasins doivent former une unité. Nous stimulons notre personnel en magasin à rechercher des livres sur le webshop et à renvoyer les clients au site web.


L’avantage de la librairie online est d’être ouverte 7 jours sur 7. Les clients ont le choix de se faire livrer à domicile ou de venir chercher leur commande en magasin. Il n’a donc pas été difficile de convaincre nos nombreux franchisés : dès le départ nous leur avons expliqué qu’ils ne devaient pas craindre une cannibalisation, car il n’y en a pas. Les premiers résultats démontrent également que la vente en ligne est purement additionnelle et n’a pas d’impact négatif sur les magasins ».

Toutefois la question de l’avenir des librairies physiques se pose.

F.S. : « Les magasins physiques continueront d’exister. La vente online est comparable à la vente par correspondance d’autrefois. Actuellement ce segment a fortement diminué, mais par le passé  ces entreprises avaient une grande part de marché. Ces entreprises de vente par correspondance autrefois se sont développées très rapidement – tout comme le retail online – mais n’ont jamais dominé le marché. Selon moi, il en ira de même pour les ventes en ligne.
 

Bien entendu il y a également le marché des e-books qui va très certainement encore évoluer. Aujourd’hui les e-books ont moins d’un demi pourcent du marché, mais je suis persuadé que cela va évoluer. C’est pourquoi nous avons un module pour e-books sur notre webshop. »

Quelles autres tendances retail entrevoyez-vous?

Standaard Boekhandel HaachtF.S. : « Il y a un besoin très nette de proximité. Les consommateurs de plus en plus optent pour des magasins se situant près de chez eux et près de leur lieu de travail. Les magasins mastodontes diminuent et je suis persuadé que cette tendance va se poursuivre à l’avenir.


Actuellement nous avons également un problème incontestable. Nous vivons une époque de grande incertitude, tant financière que politique. Les marchés sont en baisse et il sera indispensable d’économiser. La question est de savoir comment le consommateur y réagira, car le consommateur n’en est pas encore pleinement conscient.  Aux Pays-Bas l’on applique déjà depuis quelques années de sérieuses économies, en Belgique ce sera dur encore pendant quelques années. »

Même durant vos loisirs vous n’arrivez pas à lâcher le managing. Jusqu’à il y a peu pour Cercle Bruges, et maintenant  pour Gezinsbond (association visant à défendre les intérêts des familles, ndlr)

F.S. : « Mon travail c’est ma vie et mes hobbys sont Standaard Boekhandel et l’équipe de football. Lorsque j’ai démarré au Cercle Bruges l’équipe jouait encore en deuxième division, c’était donc vraiment un hobby. C’est devenu un véritable job lorsque l’équipe est passée en première classe.
 

Depuis j’ai annoncé que j’arrêtais tant au Cercle que chez Standaard Boekhandel. L’année prochaine pour Standaard Boekhandel je passerai le flambeau à la nouvelle génération. Mon fils me succèdera.


Je suis maintenant candidat-président du Gezinsbond. C’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire parce que cela me semble socialement très important. J’ai la possibilité de mettre mon expérience au service de la société. C’est une opportunité que je ne peux pas laisser passer. »

Pour terminer, pourquoi méritez-vous le Career Achievement Award?

F.S. : « Chacun des nominés est une forte personnalité qui a réalisé quelque chose d’exceptionnel. L’un est parti de zéro (Emiel Lathouwers, ndlr.), l’autre a fait de quelque chose de petit, quelque chose de grand (Johan Vandendriessche, ndlr.) et moi j’ai sauvé une entreprise en faillite.


Mais si vous me demandez pourquoi Standaard Boekhandel mérite le prix, j’aimerais dire que nous avons réalisé quelque chose d’unique : en tant que libraire nous réalisons en Belgique le plus gros chiffre d’affaires par habitant  au monde ! Et tout ceci de manière rentable. »

 


Frans Schotte mérite-t-il le Career Achievement award? Evaluez également les deux autres candidats et émettez votre vote jeudi 1er décembre lors de la soirée RetailDetail Night.

 

 

Traduit par Marie-Noëlle Masure

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