L’économie du coronavirus : gel désinfectant Dior, Filliers et BrewDog

L’économie du coronavirus : gel désinfectant Dior, Filliers et BrewDog
BrewDog

Maintenant que la vie « normale » est au point mort, une véritable industrie du coronavirus est en train d’émerger : les distilleries nationales et étrangères se tournent vers la production d’alcool désinfectant. Même LVHM troque les flacons de parfum pour du gel pour les mains.

 

Quand genièvre devient alcool désinfectant

Après la maison de couture Xandres, qui s’est lancée dans la confection de masques, de plus en plus d’autres entreprises mettent leurs lignes de production à disposition pour lutter contre l’épidémie. Maintenant qu’il n’est plus possible de maintenir le statu quo, l’industrie du coronavirus devient une alternative évidente pour certains.

 

Compte tenu de l’énorme demande en gel désinfectant pour les mains, et que les cafés se doivent actuellement de garder portes closes, les distilleries et brasseries sont de plus en plus nombreuses à utiliser leurs moyens de production pour fabriquer de l’alcool désinfectant. En Belgique, l’idée a été lancée par la Stokerij Rubbens, fabricant de gin et de genièvre : lundi, la société a obtenu l’autorisation de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé et aujourd’hui, la distillerie fournit déjà 10 000 litres d’alcool médical par jour

 

D’autres producteurs de spiritueux ont également suivi le mouvement, comme la distillerie De Moor à Alost ou encore le célèbre producteur de gin Filliers, à Deinze, qui vient d’entrer la demande afin de pouvoir lui aussi se lancer bientôt. L’Administration générale des Douanes et Accises a, en effet, à la demande du ministre des finances Alexander De Croo, assoupli les règles d’octroi des licences pour la distillation de l’alcool désinfectant. La Croix-Rouge souligne que le gel pour les mains ou le désinfectant ne sont utiles que si leur teneur en alcool est supérieure à 70 %.

 

« Punk Sanitiser » ou gel désinfectant Givenchy

Les Belges ne sont pas les seuls à vouloir défendre le secteur médical. En Grande-Bretagne, entre autres, diverses distilleries et producteurs de gin se sont lancés dans la fabrication d’alcool dénaturé. Il est frappant de constater que ces entreprises font don de leur production gratuitement ou à prix coûtant au secteur des soins de santé ou à des personnes dans le besoin. C’est également le cas du brasseur de bière alternatif BrewDog, ayant fabriqué une grande quantité de son propre gel désinfectant nommé « Punk Sanitiser » qu’il compte distribuer à ceux qui en ont besoin. 

 

Sans oublier le groupe LVMH lui-même qui manifeste aussi sa solidarité : la maison de luxe française stoppe temporairement sa production de parfums et de cosmétiques, comme ceux de Givenchy et Dior afin de fabriquer du gel pour les mains dans trois de ses usines françaises. Ils sont distribués gratuitement aux services de santé, et dans un premier temps aux 39 hôpitaux publics de Paris. Immédiatement après l’annonce de dimanche, LVMH prévoit déjà de fournir douze tonnes de gel désinfectant cette semaine.