L’Oréal écope d’une méga amende pour avoir volé un produit capillaire

Aux Etats-Unis L’Oréal s’est vu infliger une amende de 91 millions de dollars (80 millions d’euros), pour avoir volé un produit capillaire de la start-up californienne Olaplex. L’affaire remonte à 2015, lorsque L’Oreal envisageait le rachat d’Olaplex.


Coïncidence ou non ?

En 2015 un duo de chimistes de la start-up Olaplex avaient mis au point un produit destiné à protéger les cheveux lors de la coloration. Intéressé par le produit devenu très populaire aux Etats-Unis, L’Oréal avait alors entamé des négociations de reprise avec la start-up californienne, mais ces discussions n’avaient finalement pas abouti. Peu après le géant français des cosmétiques a lancé un nouveau produit sur le marché, très similaire à celui d’Olaplex.


Coïncidence? Non, a estimé le jury à l'issue du procès concernant ce litige. L’Oréal est accusé d’avoir volé des secrets commerciaux, d’avoir violé deux brevets et d’avoir enfreint l’obligation de confidentialité. Le jury exige donc une indemnisation de 91,3 millions de dollars.


L’Oréal pour sa part affirme avoir développé une formule similaire un an auparavant, indépendamment d’Olaplex, qui à l’époque opérait depuis un garage en Californie et qui aujourd’hui encore emploie à peine 30 personnes. Le géant de cosmétiques a annoncé qu’il irait en appel de cette décision.


David versus Goliath

Un juge devra maintenant décider du montant exact de l’amende. Soit cette amende sera nettement inférieure, puisqu’une entreprise ne peut être condamnée à plusieurs reprises pour les mêmes faits, soit l’amende sera nettement plus élevée, ce qui pourrait être la cas si le juge estime que les infractions de L’Oréal sont délibérées.


D’après le jury, il est bel et bien question d’infractions volontaires, mais l’avocat d’Olaplex s’attend à obtenir environ 37,4 millions de dollars (33 millions d’euros) dans ce procès que selon lui oppose David à Goliath.


En attendant le verdict la vente du produit aux Etats-Unis a été suspendue, mais L’Oréal souligne que le procès ne concerne que les Etats-Unis. Ailleurs le produit de protection capillaire devrait donc rester disponible.