« Dénomination mensongère pour un poisson sur trois »

« Dénomination mensongère pour un poisson sur trois »
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Plus d'un emballage de poisson ou de fruits de mer sur trois présente des indications mensongères sur le contenu. C’est ce qu’affirme The Guardian après l’analyse de dizaines d'études récentes sur la fraude dans la vente de poisson.

 

Étiquetage mensonger

Bon nombre des études consultées se sont basées sur des techniques d'analyse d'ADN relativement récentes. En comparant les ventes de poissons « vivaneaux » par les poissonniers, les supermarchés et les restaurants en Australie, au Canada, en Nouvelle-Zélande, à Singapour, au Royaume-Uni et aux États-Unis, les chercheurs ont constaté que, dans 40% des cas, les étiquettes des poissons testés étaient mensongères.

 

Une autre étude à grande échelle révèle l'ampleur de la supercherie dans les restaurants. Sur les 283 échantillons recueillis en secret dans des restaurants européens, environ un tiers était mal étiqueté. La plupart des abus ont été observés en Espagne, en Islande, en Finlande et en Allemagne, où 40 à 50% des plats analysés ne correspondaient pas à ce qui figurait au menu. Parmi les espèces les plus souvent remplacées : le mérou brun, la gonelle, le sandre et la sole.

 

Pangasius

Souvent, les restaurants servent aux clients un autre poisson appartenant à la même famille. Des analyses d’échantillons de coquilles Saint-Jacques en Allemagne et de filets de requin en Italie ont révélé que respectivement 48% et 45% étaient en réalité une autre variété moins chère.

 

Cependant, les fraudeurs ne s’arrêtent pas là et n’hésitent pas à vendre des espèces totalement différentes. Il n’est pas rare que le pangasius, relativement bon marché et élevé en masse au Vietnam et au Cambodge, soit vendu comme du cabillaud, de la sole ou de l'églefin en raison de son goût et de sa texture similaires.

 

Pêche illégale

La fraude dans l’industrie piscicole ne date pas d’hier. Les produits de la mer comptant parmi les denrées alimentaires les plus commercialisées à l’échelle internationale, qui plus est par le biais de chaînes d'approvisionnement complexes et opaques, les risques d'étiquetage mensonger sont élevés.

 

Un problème exacerbé par la pêche illégale de masse, selon Rashid Sumaila, économiste spécialisé dans la pêche à l'Institut des océans et des pêches de l'université de la Colombie-Britannique. Chaque année, entre huit et quatorze millions de tonnes de poisson seraient pêchées illégalement, principalement au large des côtes d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud. Les prises sont ensuite « blanchies » sur de grands navires transbordeurs.