« Le supermarché ne peut plus se passer d’offre végétarienne. »

« Le supermarché ne peut plus se passer d’offre végétarienne. »

Jusqu’il n’y a pas si longtemps, l’offre végétarienne des supermarchés ne pesait pas bien lourd. Depuis peu cependant, ce segment enregistre une croissance fulgurante et ‘marche du tonnerre’. L’offre s’élargit et la hausse du chiffre d’affaires est frappante.


Nouveautés


Cette tendance positive n’a pas non plus échappé à Bart Formesyn, exploitant d’un Carrefour Market à Assebroek. « Jusqu’il y a peu, les marques étaient bien présentes sur le segment, mais pas notre marque propre. Carrefour y a depuis remédié, et c’est tout bénéfice pour le positionnement de l’enseigne vis-à-vis du client. »


Olivier De Mol des AD Delhaize de Saint-Trond et Koersel nous rappelle toutefois que l’excès nuit en toute chose. « Nous avons tout un temps proposé des pâtes et des burgers à base d’insectes à l’assortiment, mais la sauce n’a pas pris. Nous testons beaucoup de nouveautés, avec plus ou moins de succès », témoigne-t-il.


La variété est importante pour les personnes intéressées par les produits végétariens. « Il y a bien sûr les substituts de viande, qui se préparent à la poêle comme la viande », raconte Dirk Claeys de Spar Colruyt à Drongen. « Mais il existe aussi d’autres produits comme le tofu, qui demandent quand même des connaissances plus spécifiques pour bien les utiliser en cuisine. »
 

Qualité


D’après Dirk Maes du magasin Alvo à Kieldrecht, de gros progrès ont été réalisés sur le plan de la qualité. « J’ai évidemment déjà goûté des produits végétariens, au barbecue par exemple, et c’est loin d’être mauvais. Autrefois, le végétarisme était un peu vécu comme une punition, mais cela fait belle lurette que ce n’est plus le cas. » La qualité et le goût des produits ne cessent apparemment de s’améliorer.


Il faut néanmoins bien choisir ce que l’on met en rayon, met en garde Olivier De Mol. « On trouve depuis peu sur le marché un nouveau produit à base de betterave rouge. C’est un produit sain, à la belle couleur rouge, mais après l’engouement initial, la demande est déjà quelque peu retombée. » Et pour les grandes occasions ? Bart Formesyn : « Durant la période de Noël, les clients nous demandent des produits végétariens de saison. »
 

Pour quel public ?


Une chose est sûre, impossible en tant que supermarché de faire l’impasse sur cette tendance. Les acheteurs sont-ils les consommateurs avertis ou engagés ? « Je ne sais pas, répond Olivier De Mol, je ne vois pas vraiment de profils ‘alternatifs’ ou ‘verts’ parmi les acheteurs. Tout le monde achète végétarien : par conviction, pour des raisons de santé, les jeunes et les plus vieux... »


Dirk Claeys pense que cette niche s’adresse surtout à un public de jeunes professionnels urbains : « Des personnalités progressistes qui font ce choix par idéologie. Je mange moi-même régulièrement végétarien, au restaurant et à la maison. C’est une cuisine qui m’intéresse et à laquelle je suis ouvert, mais la viande reste tout de même mon principal cheval de bataille. »


Les gens ne mangent plus de la viande tous les jours et sont à la recherche d’alternatives, c’est aussi simple que ça, résume Bart Formesyn. « L’offre végétarienne séduit surtout les jeunes, mais leurs aînés commencent aussi à s’y mettre. Les produits sont vite prêts et ils ont bon goût. Même notre boucher, passionné de viande s’il en est, a succombé à la mode végétarienne ! »
 

On s’y tromperait !


Les personnes qui font la fine bouche, car elles trouvent les produits fades ou peu appétissants, sont parfois surprises lorsqu’elles goûtent ‘malencontreusement’ une saucisse veggie cuite au barbecue. Elles sont vraiment étonnées de constater à quel point ces succédanés semblent authentiques.


« Personnellement, je mange volontiers végétarien, mais ce n’est pas pour autant que je bouleverse complètement mes habitudes alimentaires », affirme Bart Formesyn. « Je ne boude pas les produits végétariens, mais j’alterne. Il y a des jours où je mange de la viande et d’autres où je me contente de légumes. Ce n’est pas mauvais, alors pourquoi s’en priver ? »