Carrefour, Colruyt et Delhaize s’engagent à payer un surplus aux éleveurs de porcs

Carrefour, Colruyt et Delhaize s’engagent à payer un surplus aux éleveurs de porcs

La concertation de la chaîne agroalimentaire entre les supermarchés et les éleveurs de porcs s’est soldée par un échec. Du coup le supplément unique de 24 millions d’euros promis aux éleveurs de porcs s’en trouve fortement compromis. Toutefois les trois grands – Carrefour, Colruyt et Delhaize – ont décidé de mettre la main à la poche.

Qui paiera les 24 millions d’euros promis ?

Fin août, après des semaines de négociations, les organisations agricoles, les fédérations de la chaîne de distribution et l’industrie de la viande étaient finalement parvenues à un accord concernant l’octroi d’un supplément unique de 24 millions d’euros aux éleveurs de porcs, qui travaillent à perte depuis huit ans en raison des prix extrêmement bas de la viande porcine. Quant à savoir qui paierait combien, la question était restée sans réponse. A présent les négociations à ce sujet sont dans l’impasse.


Selon la fédération du commerce Comeos, les négociations auraient échoué parce que le gendarme belge de la concurrence aurait émis des objections par crainte d’ententes sur les prix. Ce que dément Pieter Verhelst du Boerenbond : « Les autorités de la concurrence nous ont bel et bien donné des possibilités. Il a été proposé que chaque partenaire dans la chaîne porcine verse une contribution volontaire à un fonds. Ce qui rapporterait 15 à 20 cents par kilo de viande porcine fraîche, soit au total 10 à 15 millions d’euros. Nous voulions la garantie pour 10 millions, les partenaires de la chaîne n’ont pas voulu donner cette garantie. »


Entretemps le ministre compétent Willy Borsus (MR) s’efforce de remettre les négociations sur les rails : « A l’heure où le secteur agricole – et surtout le secteur de la viande porcine et le secteur laitier, mais également le secteur de la viande bovine – est confronté à de graves difficultés, il est crucial que les relations entre les différents acteurs de la chaîne puissent être maintenues. » Le ministre fédéral de l’agriculture souligne la grande importance du secteur agroalimentaire, du commerce et des autres acteurs actifs dans la transformation de produits agricoles, en matière d’emploi et d’activité économique.


Carrefour, Colruyt et Delhaize viennent au secours des éleveurs de porcs

En attendant les organisations agricoles ont l’intention d’inciter individuellement les grandes surfaces, les abattoirs et les entreprises de transformation de viande à fournir une contribution volontaire : « Les fédérations du commerce (Comeos) et de l’industrie de la viande (Fevia, Fenavian et Febev) ne parviennent pas à tenir parole et à respecter leurs engagements. C’est pourquoi dans les prochains jours nous nous rendrons chez leurs membres individuellement avec de petites délégations d’éleveurs de porcs. Nous leur demanderons personnellement s’ils souhaitent respecter leur engagement. Nous leur demanderons explicitement de signer une déclaration d’engagement et de préciser le montant de leur contribution. »


Une question à laquelle les ‘Trois grands’ ont déjà répondu. « Afin de soutenir les éleveurs de porcs dans une période où la viande porcine a atteint un prix historiquement bas, Carrefour Belgium dès demain paiera à ses fournisseurs un surplus de 10 euros par porc, soit 0,10 euros par kilo de viande porcine acheté. En prenant cette mesure temporaire nous suivons de manière cohérente la position qui nous avions déjà prise et communiquée au mois d’août lors de la concertation de la chaîne agroalimentaire », a fait savoir le porte-parole Baptiste van Outryve.


Colruyt aussi paiera 10 cents supplémentaires par kilo de viande porcine, et ce « pour toute la viande porcine qui nous est fournie, quelle que soit la forme sous laquelle elle sera vendue par après : viande fraîche, charcuterie, produits dérivés », précise Stefan Goethaert, directeur Colruyt Group Fine Food. « D’ici deux mois nous réévaluerons la situation sans perdre de vue l’évolution des discussions au sein de la concertation de la chaîne agroalimentaire. »


Et enfin Delhaize s’engage à verser 1 euro supplémentaire, en plus de la contribution de 2 euros que le distributeur verse déjà de sa propre initiative depuis mi-juillet, et ce « tant que le prix de la viande porcine restera à ce niveau historiquement bas. Cette décision s’inscrit dans la stratégie de Delhaize d'opter pour des produits frais belges. » Le distributeur précise que la contribution de crise supplémentaire de 3 euros s’ajoute aux 3,6 euros par porc qu’il paie depuis 2014 à tous les éleveurs belges qui fournissent à Delhaize des porcs dotés du label ‘Mieux pour tous’.

 

 

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