Carrefour prépare un plan de sauvetage ultime pour ses hypermarchés

En France les mesures envisagées par Carrefour pour sauver ses hypermarchés en difficulté inquiètent. Plusieurs départements non alimentaires seront supprimés et davantage de magasins passeront en franchise.


Révision du non alimentaire

En France les hypermarchés représentent environ 25% du chiffre d’affaires de Carrefour, bien que leur popularité soit en baisse et leur rentabilité sous pression. Le non alimentaire souffre de la concurrence des magasins spécialisés et du e-commerce. Lors de la présentation de son plan de transformation le PDG Alexandre Bompard avait déjà annoncé que la surface des magasins de grand format serait réduite, que le non-food devrait faire place au frais et au bio et que les hypermarchés déficitaires seraient transférés en location-gérance (= franchise).


Des documents internes, relayés par le syndicat CGT, permettent de déduire quelques mesures concrètes envisagées par le groupe pour cette année, indiquent l’agence de presse Reuters et le magazine Linéaires. Le distributeur va tailler dans ses départements non food : à terme les rayons photos, électroménager et bijouterie en gestion propre fermeront. Tous ne seront pas confiés à des enseignes spécialisées, comme Darty. Cette année tous ces départements passeront en libre-service pour économiser sur les frais de personnel. En revanche Carrefour va tester deux catégories jugées prometteuses : l’animalerie et la parapharmacie.


Nouveaux concepts de magasins

Après le transfert en location-gérance de cinq hypermarchés l’an dernier, dix ou onze autres hypermarchés passeront aux mains de commerçants indépendants cette année. Huit nouveaux drive pour le retrait de commandes en ligne seront ouverts, tandis que 67 points d’enlèvement existants seront agrandis. La livraison à domicile sera organisée depuis 90 des 230 hypermarchés au total et 200 magasins seront pourvus de caisses automatiques. En plus des 11 outlets existants, Carrefour envisage l’ouverture de dix magasins de déstockage supplémentaires pour la vente de produits invendus. En outre le groupe estime qu’il y a trop de managers dans les points de vente et va donc réduire le nombre de cadres.


Et enfin le retailer va tester trois nouveaux concepts pour sauver les magasins en difficulté : un modèle low cost baptisé ‘Essentiel’, un modèle donnant plus d’autonomie local au gérant de magasin (‘Rebonds’) et un modèle essentiellement axé sur l’alimentation avec un département restauration (‘Next’).