Colruyt veut pomper sa propre eau à côté de Bru

Colruyt veut pomper sa propre eau de source à côté de Bru
Image : Shutterstock

(mise à jour) Le groupe Colruyt souhaite puiser sa propre eau de source à proximité de la source exploitée par Bru. Le détaillant a demandé à ce que des tests de pompages soient effectués à Stoumont, en province de Liège, pour y produire sa propre eau pétillante Boni.

 

Sources inexploitées

Dans le hameau de La Platte, Vlevico a demandé un permis d’environnement pour effectuer des tests de pompages pendant dix-huit mois sur terrain d’un hectare. Le site abrite déjà deux puis existant depuis une vingtaine d’années, mais n’ayant jamais été exploités, rapporte la RTBF.

 

L’entreprise à l’origine de cette demande n’est pas inconnue. Il s’agit, en effet, de la société avec laquelle Colruyt achète et fournit de la viande à ses boucheries et exerce également d’autres activités alimentaires. 

 

Eau pétillante issue des Ardennes

Le groupe de supermarchés souhaite, avec l’aide de Vlevico, pomper de l’eau gazeuse dans le sol liégeois pour sa marque propre Boni. L’eau Boni vient actuellement de France, mais, comme bien souvent, le groupe Colruyt voudrait recourir à une filière plus courte.

 

Il s’agit aussi d’un emplacement stratégique : le site n’est situé qu’à un kilomètre et demi d’une zone de captage appartenant à la filiale de Bru, Spadel. Dans l’enquête publique actuellement en cours, le fabricant d’eau concurrent s’est déjà prononcé contre ce projet, bien qu’il ne s’agisse pour l’instant que de tests de pompages. 

 

Des expériences antérieures auraient démontré que de tels essais de forage peuvent entraîner de la pollution et même un assèchement. "Il y a un risque que les eaux de surface pénètrent dans notre puits", déclare Christophe Scharpé sur Radio 1. "Cela a déjà été démontré dans les années 1990, où il y a eu des essais de forage. A cette époque, nous avons également remarqué que notre puits s'asséchait temporairement". Si l'eau de Bru entre en contact avec les eaux de surface, la marque risque de perdre sa qualification d'eau minérale naturelle.

 

"Attendons d'abord les résultats"

En réaction, le groupe Colruyt déclare que son département R&D&I est constamment à la recherche de solutions nouvelles et innovantes : "L'eau en fait partie, et nous sommes déjà actifs dans divers projets liés à l'eau, par exemple dans la purification des eaux usées de notre entreprise de transformation de la viande Fine Food Meat. Le projet d'innovation à Stoumont fait également partie de cette activité de R&D", déclare la porte-parole Hanne Poppe.

 

"Nous voulons travailler discrètement à une étude de faisabilité sur l'extraction de l'eau dans la région. Nous n'allons pas nous prononcer sur l'avenir maintenant, car nous voulons d'abord attendre les résultats de cette étude, qui prendra deux ans. Nous communiquerons ensuite à ce sujet au moment opportun".