Désaccord concernant les prépensions chez Carrefour

Désaccord concernant les prépensions chez Carrefour
Foto Carrefour

Le protocole d’accord conclu lundi soir entre les syndicats et la direction de Carrefour Belgium prévoit notamment la prépension pour les travailleurs âgés de 56 ans et plus. Cette proposition ne fait pas l'unanimité et alimente les débats.

Un mauvais signal

La restructuration envisagée par Carrefour, qui initialement semblait menacer 1233 emplois, ne devrait finalement pas entraîner de licenciements secs. La réduction des effectifs se ferait un grande partie via des départs volontaires et  par le biais d’une mesure appelée régime de chômage avec complément d’entreprise pour les travailleurs âgés de 56 ans et plus (l’ancienne prépension). Ceux qui opteront pour la prépension conserveront 95% de leur salaire. C’est là l’un des éléments du compromis conclu lundi soir entre les syndicats et la direction. Cette mesure doit toutefois être approuvée par le gouvernement fédéral.


Et c’est là que le bât blesse : la NV-A appelle le ministre fédéral de l’Emploi Kris Peeters à ne pas approuver la demande de Carrefour Belgium. Alors que l’on tend à maintenir les gens plus longtemps au travail et que bon nombre d’entreprises cherchent du personnel, un régime de préretraite serait un mauvais signal, estime la NV-A. Certains économistes s’interrogent également sur le bien-fondé de cette mesure. Selon Peeters, les trois régions doivent donner un avis contraignant concernant les prépensions. Si l’une des trois régions rend un avis négatif, le ministre devra rejeter la demande. Or, selon le ministre bruxellois de l’Emploi Didier Gosuin, les trois régions « n’ont pas voix au chapitre », étant donné qu’il n’est pas question de licenciements secs dans le compromis.


Le compromis indique également qu’aucun hypermarché ne devra fermer, qu’il y aura une garantie d’emploi de 4,5 ans et que le nombre d’emplois menacés se limitera ainsi à environ mille jobs. Les employés qui opteront pour un départ volontaire toucheront une indemnité plus élevée. Le compromis prévoit aussi un crédit-temps fin de carrière. Les travailleurs qui resteront à bord et opteront pour une formule de polyvalence, bénéficieront d’une prime. Les analystes constatent que le distributeur a fait de grandes concessions afin de parvenir à un accord avant l’été.