Färm se lance à la conquête de la Flandre à Louvain

Färm se lance à la conquête de la Flandre à Louvain
Alexis Descampe, Färm / Foto David Plas

La coopérative bio Färm arrive en Flandre : le quatorzième magasin de la chaîne ouvre ses portes aujourd’hui à Louvain. « Nous proposons une alternative crédible à la grande distribution », déclare le cofondateur Alexis Descampe.

 

Partenaires locaux

Le premier Färm de Flandre prendra ses quartiers dans la Bondgenotenlaan, la rue commerçante qui relie la gare de Louvain au centre-ville. « Nous avons toujours nourri des ambitions nationales, mais vu nos racines, nous nous étions jusqu’à présent cantonnés à la région bruxelloise et à la partie francophone du pays », explique Alexis Descampe. « L’organisation devait être prête. De plus, nous avions besoin des partenaires adéquats pour nous développer en Flandre : nous travaillons en effet avec des entrepreneurs indépendants, dans le cadre d’espèces de franchises. Nous pensons qu’il est crucial de s’appuyer sur des entrepreneurs locaux qui connaissent parfaitement leur région. »
 

Färm a trouvé ce partenaire local en Erna Pirard, qui ressentait le besoin de créer sa propre entreprise après avoir accumulé de l’expérience dans différents magasins bio. Il n’a pas été nécessaire de bouleverser le concept, même si le magasin de Louvain laissera une grande place au vrac et vendra un peu plus de marques flamandes ou néerlandaises. « Nous avions assez peu de clients flamands jusqu’à présent, mais il faut s’adapter à chaque endroit : un magasin au centre-ville n’a rien à voir avec un magasin en périphérie. Le fait que la consommation de produits bio soit un peu plus faible en Flandre n’est pas un problème. Les défis sociaux et écologiques sont les mêmes partout, et nous voulons apporter une réponse à ceux qui recherchent une consommation plus responsable. »

 

Accent sur le vrac

« Les entrepreneurs qui se reconnaissent dans notre projet sont plus que bienvenus : nous aimerions avoir 24 magasins à l’horizon 2023 », déclare Alexis Descampe. « Si nous voulons être une alternative crédible à la grande distribution, nous devons être visibles et accessibles. Nous ne visons pas seulement à convaincre les adeptes du bio : nous voulons également séduire ceux qui se posent des questions sur leur consommation, l’environnement ou la planète... Nous voulons les accompagner pas à pas. »
 

Mais la concurrence ne manque pas dans le segment du bio. Qu’est-ce qui distingue Färm des autres acteurs sur ce marché ? Le principal facteur de différenciation est la charte produits : « Vous ne trouverez pas chez nous les mêmes marques que dans les autres chaînes bio. Nous sommes beaucoup plus sélectifs et exigeants dans notre assortiment. Par exemple, nous ne vendrons jamais des marques qui ont été rachetées par une multinationale cotée en Bourse. Nous préférons les producteurs locaux, familiaux, qui travaillent dans le respect de principes écologiques et éthiques et partagent nos valeurs. » 40 % des produits proposés sont d’origine belge.
 

Un deuxième élément qui caractérise Färm est l’accent placé sur les produits en vrac, qui représentent également quelque 40 % de l’assortiment : « Notre gamme en vrac est vraiment incomparable. » Entre-temps, le détaillant a déjà ouvert deux succursales de Brüt by Färm, une enseigne qui propose presque exclusivement des produits en vrac non transformés. « Ce sont de véritables magasins de ville, avec un assortiment limité d’environ 800 à 1000 références, alors qu’un Färm moyen vend entre 5000 et 6000 produits. Nous étudions toujours les possibilités de développer cette enseigne. »

 

Prix équitables

Färm est une coopérative. Un conseil d’administration composé de représentants de tous les acteurs – clients, collaborateurs, investisseurs, fournisseurs... – se réunit tous les mois pour établir les lignes directrices du groupe. Le projet a un double objectif, explique Alexis Descampe : « D’une part, nous voulons offrir une véritable alternative à la grande distribution et promouvoir ainsi une meilleure consommation. D’autre part, nous investissons nous-mêmes dans une agriculture plus durable. » Un bon exemple en est la marque de viande Nu!, qui défend une filière parfaitement transparente de viande de porc et de bœuf 100 % d’origine belge. « Nous allons bien au-delà de ce qu’exige le cahier des charges de l’agriculture biologique, y compris en matière de bien-être animal, et les producteurs obtiennent un prix supérieur de 22 % à celui du marché. »
 

Pourtant, la viande proposée dans les magasins n’est pas plus chère pour le consommateur. Färm fait des économies en travaillant directement avec les agriculteurs. Car si le détaillant ne veut pas provoquer de concurrence par les prix, il revendique un juste prix. « Le fait que nous achetions de gros volumes et gérions notre propre logistique nous permet de générer des marges saines sans sombrer dans des négociations néfastes avec nos fournisseurs. Le bio n’a pas lieu d’être cher : nous avons par exemple lancé notre gamme Bio Gö avec quelque 200 produits de base à des prix accessibles. »
 

Le nouveau magasin ouvre dans des circonstances particulières : la crise du coronavirus a également entraîné une augmentation substantielle des ventes des magasins bio. « Nous constatons un véritable boom dans notre segment. Les clients viennent moins souvent, mais achètent beaucoup plus. La prise de conscience que nous observons aujourd’hui chez les consommateurs est tout aussi importante. C’est une opportunité : je suis convaincu que cette crise annonce, au moins en partie, un changement durable. Quelle société voulons-nous pour demain ? »