Filet Pur : Un cours de gestion de conflits pour les nuls

Filet Pur : Un cours de gestion de conflits pour les nuls

Pas de coup de foudre ou de mariage à l’aveugle entre les retailers et les fabricants. Non, ils n’arrêtent pas de se crêper le chignon. Explication dans ce résumé hebdomadaire de RetailDetail Food.

Bras de fer

Le retail c’est la guerre et au final personne ne gagne, même pas le consommateur. Pour preuve, le conflit entre le groupement d’achat Agecore (Colruyt & co) et Nestlé qui visiblement commence à s’envenimer. Le nombre de produits retirés des rayons ne cesse d’augmenter. Les retailers, membres de l’alliance, espèrent ainsi obtenir de meilleures conditions d’achat. Mais entretemps ils perdent un sérieux chiffre d’affaires et poussent leurs clients vers la concurrence. Pour sûr, un business model se cache derrière tout ça, mais lequel ? Peut-être un cours de gestion de conflits pour les nuls pourrait-il apporter un peu d’apaisement ?


Ce conflit n’est d’ailleurs pas la seule guéguerre qui fait rage actuellement entre un retailer et un fabricant de marque. En France un sérieux différend oppose la chaîne d’hypermarchés E.Leclerc à Coca-Cola. Mais ici c’est l’inverse : ce n’est pas le retailer qui retire des produits des rayons, mais le fabricant qui subitement est confronté à 'des problèmes de livraison’, si vous voyez ce que je veux dire. En cause ? Le casseur de prix  Leclerc a décidé unilatéralement de diminuer le prix de vente d’une bouteille de Coca-Cola de 1,5 litre de 1,32 euro à 1,15 euro, au grand mécontentement du fabricant. Résultat : une partie de bras de fer. Expression qui fait très certainement référence à Baudouin Ier de Flandre, dit Bras de Fer, qui selon la légende aurait vaincu un ours pour ensuite devenir moine. Oui, avec Filet Pur, on s’instruit toujours. D’ailleurs à titre informatif :  chez Colruyt une telle bouteille coûte 2,06 euros. Just saying. Mais bon, c’est bien évidemment la faute à notre gouvernement incompétent.


Toutes ces alliances transfrontalières entre retailers seraient-elles un mauvais présage. Prenez par exemple cette récente romance entre Casino et Auchan, est-ce un coup de foudre ou un mariage de raison ? Mariage à l’aveugle ou L'Île de la tentation ? Nous n’y comprenons plus rien. Par contre nous  connaissons le dénominateur commun de tous ces rapprochements : il s’appelle Amazon et menace les retailers de l’Europe toute entière. Bref, c’est la panique.


La solution serait pourtant ultra simple, du moins à en croire le parti socialiste flamand SP.A : il faut imposer des prix minimum aux supermarchés, interdire les promotions chocs et miser sur le protectionnisme. Pas besoin de pommes venant de Nouvelle-Zélande. Voilà. A l’exemple de la France, en effet. Hé, mais attendez. Un parti socialiste n’est-il pas supposé soutenir le pouvoir d’achat du pauvre ? Ne plaide-t-il pas généralement pour des prix réduits ? Et ces prix ne vont-ils pas d’office monter en flèche suite à ces mesures ? Hm, c’est compliqué. De fait, comme disait mon vieil ami Mark Twain : « It ain't what you don't know that gets you into trouble. It's what you know for sure that just ain't so. ». Prenez le temps d’y réfléchir.


Une copine alternative

Oui, il y a eu quelques grognements vu la quasi absence de Belges à la direction d'Ahold Delhaize, mais pour le reste rien que des louanges : « Un vrai ‘people manager’ parle à tout le monde, même à la femme de ménage », c’est ainsi que les observateurs décrivent Frans Muller, le nouveau big boss du groupe fusionné. Un homme qui sait comment s’y prendre. Dick Boer n’est pas encore fait ses adieux, que son successeur distribue déjà ses ordres. Flexibilité et force de frappe sont désormais les mots d’ordre. Donc si monsieur météo prédit un weekend ensoleillé, les bouchers de Delhaize travailleront nuit et jour pour procurer au client une montagne de viande pour BBQ. Mieux vaut éviter de demander de quel abattoir elle proviendra.


Et il ne manquera pas non plus de cubis de vin, assure le retailer. Car quand le soleil brille, que font les gens ? Engloutir des kilos de viande et des litres de vin. Ah oui, et pour la copine alternative, le retailer prévoit un assortiment BBQ veggie d’une personne. Mais qu’ils prennent garde quand même, car des activistes sournois ont prévu ce weekend de déverser  des tonnes de plastique dans un Delhaize bruxellois. Pourvu que ce ne soit pas le vôtre.


Client difficile

Aujourd’hui les clients du tout nouveau Lidl à Oostkamp ont trouvé porte close, mais ont été accueilli par un piquet de grève. « La pression du travail est trop élevée ! » se plaignent les syndicats. Pire encore : « Certains employés sont parfois obligés d’interrompre leur travail pour assister les caissières ou pour aider des clients exigeants. » Sérieusement, c’est qu’ils sont dit à la radio, avec beaucoup de conviction. Evidemment sans ces clients difficiles qui vous dérangent sans arrêt, le travail du personnel en magasin serait bien plus agréable. Bravo, messieurs les syndicalistes !


Et pour terminer une bonne nouvelle : la production viticole belge augmente. Tant mieux, car la demande chinoise de vin augmente encore plus rapidement. Bientôt on ne trouvera plus chez nous de bon Bourgogne ou Bordeaux : tout le stock s’écoulera vers l’Asie. Tout comme notre café et notre chocolat. Et tout cela via Alibaba, évidemment. Pour le Vieux Continent il ne restera plus que de vieilles croûtes de pain. Mais bon, on en est pas encore là ? Par ici ce bon rosé bien frais ! A la semaine prochaine !

 

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