Filet Pur : Un filou à démasquer

Filet Pur : Un filou à démasquer

Reprendre un magasin incognito, c’est possible comme il s’est avéré cette semaine. Mystérieux, non ? Mais plus pour très longtemps, car pour résoudre toute énigme, une seule adresse : le résumé hebdomadaire de RetailDetail Food.

Bourdons et ichneumons

A peine remis d’une courte nuit après un RetailDetail Congress très réussi, nous sommes au rendez-vous pour vous servir une portion copieuse et appétissante de Filet Pur.


La durabilité fut sans nul doute le maître-mot durant la semaine écoulée. Le smart discounter Lidl pour étayer sa nouvelle stratégie de durabilité a invité la presse dans les serres d’un cultivateur de tomates à la pointe de la technologie, où nous avons pu cueillir de délicieuses tomates cerises. Car « le travail doit être un plaisir », a souligné le CEO Boudewijn van den Brand ; principe auquel  nous adhérons totalement chez RetailDetail, bien entendu.


Quelle ne fût pas notre surprise de voir arriver un fournisseur avec des boîtes en carton remplies de bourdons. En effet, dans cette serre ils utilisent des bourdons pour féconder les plantes et des ichneumons pour éliminer les mouches blanches nocives. Donc plus besoin de pesticides. Cool ! Et en plus, ces insectes n’importunent pas les cueilleurs de tomates.


Colruyt Group de son côté nous a invités chez un cultivateur de pommes limbourgeois, pour y admirer les pommiers sur lesquels pousseront bientôt de nouvelles variétés de pommes durables, baptisées Coryphée et Magic Star. Pour être honnêtes, nous avons déjà entendu des noms de marques plus branchés, même dans le secteur des pommes, mais il faut bien le dire Colruyt n’est pas réputé pour son originalité dans ce domaine. Toutefois il faudra s’armer de patience, car les pommes en question ne seront disponibles en magasin qu’à l’automne 2018.


Espoir d’amélioration

La durabilité est également l’argument qui motive Delhaize et Colruyt à partager une plate-forme de distribution commune, où les petits et moyens fabricants de biscuits pourront déposer leur marchandise, que les retailers transporteront ensuite par camions complets vers leurs propres entrepôts. Pas évident de collaborer entre concurrents : dès lors tout se passe sous l’œil vigilant d’une armée de consultants, d’avocats et d’huissiers afin de veiller à ce que les réglementations européennes en matière de cartels ne soient pas enfreintes. Mais a-t-on également calculé si les émissions de CO2 de leurs grosses voitures de société n’anéantissent pas la diminution des gaz polluants par la réduction du nombre de trajets de camions ? Attendons voir !


Si l’e-commerce est l’avenir du secteur food, en tout cas les résultats de Wink, le supermarché online du groupe Louis Delhaize, n’en témoignent pas. Notoriété insuffisante, manque de clients et de points de retrait … le concept ne parvient pas à décoller. Malgré tout le CEO Cédric Antoine croit dur comme fer à un avenir meilleur. Peut-être parce que cela pourrait difficilement être pire ?


Il y a quelque temps déjà le groupe Carrefour confirmait lui aussi son espoir d’amélioration pour les hypermarchés français, à la peine depuis longtemps. Mais voilà maintenant que des chiffres, qu’a pu se procurer l’expert en retail Olivier Dauvers, révèlent que les performances de ces hypers sont encore pires que ce qu’annoncent les communiqués officiels. L’an dernier 73% des hypermarchés ont vu leur chiffre d’affaires reculer. Non, les hypermarchés ne sont pas l’avenir du retail alimentaire.


Personne n’est à l’abris

Alors que la politique de rigueur en Europe fait l’objet de critiques, dans le secteur FMCG l’austérité fait école plus que jamais. Après un trimestre difficile, une fois de plus, Coca-Cola va fortement réduire ses coûts. Car s’ils ne taillent pas eux-mêmes, la presse financière ne tardera pas à nous annoncer l’une ou l’autre méga offre de rachat. C’est ce qu’on appelle avoir le couteau sous la gorge. Depuis l’offre hostile sur Unilever, plus personne ne sent est à l’abris.


Ni même chez PepsiCo, que des activistes financiers incitent à se scinder en deux divisions – boissons et snacks – pour ensuite revendre les deux entités au plus offrant. Kraft Heinz serait intéressé, selon certains. Mais ils devront payer cher, car PepsiCo a publié de solides résultats trimestriels, grâce notamment à l’introduction de boissons et de snacks plus sains.


Non pas qu’il faille absolument lancer des produits sains sur le marché pour obtenir de bons scores. Pour preuve : les pizzaiolos de Dr. Oetker ont présenté d’excellents chiffres de croissance. En partie grâce à nous les Belges, car nous sommes fans de pizzas et nous en consommons six kilos par an, paraît-il. Plus que les Italiens eux-mêmes. En vingt ans le marché des pizzas surgelées a triplé dans notre pays. Et la variante aux 4 fromages, pourtant lourde à digérer, figure en tête des ventes. Burps !


Journalisme approfondi

Grand remue-ménage cette semaine concernant l’herbicide Roundup. Personne ne doute de l’efficacité du produit, mais selon certaines études il serait cancérigène, alors que d’autres professeurs estiment qu’il est inoffensif. Et selon les politiciens, le produit pour l’instant peut rester en vente, mais ne peut plus être utilisé.


Il nous a quand même fallu une tasse de café pour digérer cette info. Heureusement le café c’est sain, comme le confirme une fois de plus une récente étude. Mais serait-ce vraiment vrai ? Il faudrait d’urgence que quelqu’un analyse des analyses contradictoires concernant l’alimentation saine. Car que nous a-t-on encore servi dans la presse cette semaine ? Que nous ferions mieux de manger du hochepot, plutôt que les super-aliments importés comme les avocats ou les graines de chia. Et que les boissons light rendent dément ? Peut-être est-ce là l’explication de tous ces résultats d’études absurdes.

 

Chez Albert Heijn ils pensent contribuer à notre santé en tentant les clients avec leurs fameux mini-potagers. Toutefois ces plantes ne semblent pas atteindre une taille suffisante pour être récoltées. C’est pourquoi la rédaction redoutée de Newsmonkey va tester s’il est possible de faire survivre ces mini-potagers durant plus de deux semaines. Cela risque d’être l’une des études les plus passionnantes depuis longtemps sur ce site web réputé pour ses enquêtes journalistiques très approfondies.


Mystère à Boortmeerbeek

Parlant d’Albert Heijn : une fois de plus il a été question cette semaine des fameux magasins que la chaîne a cédés à la demande des autorités de la concurrence. Le point de vente de Louvain a fermé ses portes, plus tôt que prévu. D’ici peu le magasin rouvrira sous l’enseigne Lidl. Non loin de là, à Boortmeerbeek, un véritable mystère plane : personne ne semble savoir ou ne vouloir dire qui a repris le magasin.


« Un exploitant indépendant », selon le communiqué officiel. « Une chaîne française », selon la rumeur. « Le Market de Herent », prétendent certains. Nous pouvons d’ores et déjà vous assurer qu’il ne s’agit pas de ce dernier. Mais qui alors ? « Un entrepreneur de premier plan qui exploite déjà différents Markets », nous révèle une source interne. Les Markets de Herent et Kampenhout, situés à proximité et tous deux franchisés, n’apprécient pas. Au siège principal de Carrefour, ils démentent formellement, mais croyez-nous : cela ne durera pas longtemps. Nous vous tenons au courant, bien entendu.


Et cette semaine nous vous présentions officiellement notre nouvel account manager. Il est à mes côtés depuis quelques semaines déjà, mais à  présent il sort de l’ombre. Son regard vif vous est familier ? C’est bien possible. Il y a une semaine Kjëll Bries a couru le marathon d’Anvers en 3u28’. Belle performance sur une longue distance qu’il compte réitérer chez RetailDetail. A la semaine prochaine !


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