Filet Pur: un virus malveillant

Le choco et le ketchup : pas vraiment recommandé lorsqu'il s’agit de foodpairing, mais ensemble, ils ont coloré une partie de l’actualité FMCG cette semaine. Profitez néanmoins de votre portion de faits alternatifs dans l’aperçu essentiel RetailDetail Food !

 

Une vente

 « Nous n’avons pas encore réalisé tous les progrès que nous souhaiterions faire en Belgique », « Nous examinons toutes les options », « La situation actuelle est un défi » et « Ne dites jamais jamais » : non, même par le biais de réponses prudentes et diplomatiques au journal L’Echo, Olaf Koch, le dirigeant de Metro, ne semblait pas très encourageant ni rassurant à propos de l’avenir de Makro dans notre pays. La vente fait bien réellement partie des options, semble-t-il. Mais il faut trouver un acheteur. Avec une promotion 2+4 gratuit, peut-être ? Ironie du sort : au moment où le dirigeant était en train d’être interviewé, son propre employeur, la société mère Metro AG, menaçait également de vendre. Un milliardaire tchèque aimerait en faire son jouet. Cela n’augure rien de bon, à première vue.

 

Les nouvelles chez PepsiCo étaient également peu réjouissantes. Un plan de restructuration majeur s’annonce puisque les consommateurs semblent restreindre leur consommation de chips et de cola. Eh oui, il fallait s’y attendre. Des usines vont devoir fermer leurs portes, mais le producteur tient à garder les collaborateurs en haleine. Un moyen de maintenir l’ambiance au travail, selon nous. Aucune fête à l’horizon chez Danone non plus, après l’annonce d’une baisse des bénéfices suite au boycott marocain. Mais grâce au réchauffement climatique, l’entreprise a vu la vente des eaux grimper – tant qu’il y aura de l’eau à vendre, bien entendu. Red Bull, pour sa part, vole de ses propres ailes : la marque n’a jamais vendu autant de sirop dilué contre la toux. Vous en aviez besoin, apparemment.

 

À court de choco

Pendant ce temps-là, l'Europe entière est inondée par une vague de panique suite à l’annonce de mise à l’arrêt de la plus grande usine de Nutella du monde qui n’a donc plus rempli un seul pot depuis mardi. Des millions de consommateurs dépendants craignent de tomber à court de provisions essentielles à leur subsistance ces prochains jours. Des amasseurs sont en train de vider les supermarchés ici et là. Parce que la seule idée de devoir se contenter de Delinut ou de Choconussa les pousse au désespoir. On peut dire qu’ils cherchent des noise(tte)s. Ce n’est pas à nous qu’il faut apprendre à faire de bêtes jeux de mots.

 

Le gouvernement refuse d'intervenir et le producteur ne dévoile rien quant à la cause de la fermeture, ce qui donne évidemment lieu aux plus folles spéculations, allant des bactéries mangeuses de noix aux aliens fous de chocolat. Alors que la simple vérité est la suivante : le fabricant Ferrero évite ainsi sournoisement d'avoir à livrer une importante commande imprévue d'Albert Heijn Belgique, par crainte d’une nouvelle campagne promotionnelle 1+2 gratuit. Les bagarres qui ont eu lieu dans les magasins Intermarché il y a un an sont encore fraîchement gravées dans les mémoires.

 

La guerre du ketchup

En parlant de coups publicitaires : ce lait AH Basic scandaleusement bon marché a quand même réveillé certaines consciences. Dorénavant, les producteurs laitiers se verront offrir un prix fixe pour leur litre de lait par Colruyt et Inex. L’objectif est de soutenir l'économie locale. Magnifique. Toutefois, les prix dans les magasins continueront à suivre la tendance du marché, prévient le discounter. Lisez : si Albert Heijn souhaite entamer une guerre des prix du lait, il l’aura. Mais pas (plus) aux dépens des paysans.

 

Et en parlant de bagarres : à l’heure de la réconciliation entre Mars et Colruyt, nous sommes assidument partis à la recherche d’espaces vides dans les rayons de quasi toutes les chaînes de supermarchés. En vain, jusqu’à présent. Mais nous allons poursuivre nos recherches. On a néanmoins trouvé ce qu’on cherchait de l'autre côté de la frontière. Les margarines Becel, Bertolli, Blue Band et Croma semblent disparaître des rayons des supermarchés des membres du consortium d'achat Superunie, qui représente presque toutes les chaînes de nos voisins du nord qui ne s'appellent pas Albert Heijn, Jumbo, Aldi ou Lidl. Les négociations avec le producteur Upfield sont au point mort, semble-t-il. Les partenaires commerciaux battent le beurre, a écrit notre superwoman à ce propos. Never a dull moment avec RetailDetail.

 

L’Allemagne connaît également de nouveaux déboires. Mais la situation y est inversée. Le producteur Heinz refuse de livrer à Edeka parce que le retailer n’accepte pas l’augmentation de prix imposée. « Ce ne sont pas nos clients qui vont payer les accords des capitalistes sans scrupules », déclare la chaîne de supermarchés. Un cri clair à l’encontre de Warren Buffet et 3G Capital, qui voient s’effondrer le cours de l'action du groupe fusionné Kraft Heinz suite à la publication des chiffres annuels négatifs de ketchup.

 

Un virus malveillant

Nous devons exercer encore un peu de patience avant l'ouverture du 43ième magasin Albert Heijn dans notre pays, et ce après une offensive majeure cet automne. Il pourrait s’agir du magasin de Kuringen où la procédure de recrutement a débuté. La petite usine bleue emménage dans un bâtiment où quelques enseignes se sont déjà cassé la figure. Le dernier locataire est / était Carrefour Market qui jette l'éponge aujourd’hui, après que Spar ai subi le même sort. Nous souhaitons beaucoup de succès au nouvel exploitant Kenny De Vries. Cela devrait fonctionner avec quelques promotions bien ciblées, non ?

 

Il n’y avait finalement qu’un seul fait marquant cette semaine : l'ouverture de ce magnifique marché de l'expérience CRU à Anvers. D'autant plus que le paradis gourmand se trouve désormais à quelques pas des bureaux de RetailDetail. Et contents ? C’est-à-dire : nous sommes quand même rentrés un peu blêmes de notre première escapade. Le fait qu’ils n’arrivent pas à être rentables, avec ce niveau de prix insensé, est tout à fait incompréhensible. Une petite remarque aux sympathiques collaborateurs de la filiale : ce chariot plein que vous avez trouvé abandonné au troisième self-scan en comptant depuis la droite, c'était le nôtre. Désolés. Après avoir découvert le montant total de nos achats, nous avons supposé que l’ordinateur avait été touché par un virus informatique biélorusse malveillant et nous avons déguerpis. Nous tenterons un nouvel essai en début de mois. Peut-être. A la semaine prochaine !

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