Jolie poire recherche poireau sexy : l’essentiel de l’actualité food

Jolie poire recherche poireau sexy : l’essentiel de l’actualité food

Une semaine durant laquelle les commerçants alimentaires ont lancé une offensive de charme envers les agriculteurs et les consommateurs, mais pas particulièrement envers les fabricants. RetailDetail Food vous résume l’actualité food de cette semaine.

Produits ultrafrais

Un joli mannequin a attiré notre attention dans le journal de la semaine dernière : un poireau, tout beau tout frais, avec une fourche en guise de couronne. Dans la vidéo illustrative sur le site web, nous faisons la connaissance de Kris, un cultivateur passionné dont le champ de poireaux idyllique se trouve à proximité de Colruyt, afin de limiter le transport et offrir ainsi ses légumes ultrafrais au meilleur prix. « Nous aimons travailler avec de tels producteurs locaux », indique le groupe. Boerenbond et Boerensyndicaat n’ont pas réagi.


Si Colruyt fait la cour au secteur agricole, bien évidemment Delhaize fait de même. L’enseigne au lion a imaginé une action pour le moins originale en diffusant en direct ce jeudi la récolte des poires de l’entreprise familiale Wolcarius à Wakken sur 122 grands écrans dans des gares et sur le web. Ce fut une diffusion pleine de tournures surprenantes et de rebondissements ingénieux, avec au final un ‘cliffhanger’ étonnant. Non, nous n’en dirons pas plus. Mais pourquoi cet engouement agricole des deux retailers précisément maintenant ? Réponse : dimanche dernier, c’était la Journée de l’Agriculture.


Positif et réjouissant

Bizarrement les Belgétariens de Carrefour ne se sont pas manifestés. Et pour cause ils avaient d’autres priorités :  le leasing de voitures entre les poires et les poireaux. Un package all-in avantageux, mais : « Nous ne payons pas les amendes », a précisé ironiquement le porte-parole Baptiste Van Outryve  au micro de VTM Nieuws.


Dans notre quête incessante d’informations food positives nous apprenions la semaine dernière que Colruyt ouvrait une nouvelle ‘Acadamy’ à Hasselt, la septième déjà, où clients et employés peuvent suivre des workshops. Une belle initiative, n’est-ce pas ? Tout comme l’ouverture d’un deuxième établissement Rob The Gourmets’ Market - supermarché premium de Carrefour Belgium - à Uccle en 2020. A quand un point de vente à Anvers ?


Des nouvelles réjouissantes nous parviennent également de la chaîne de supermarchés bio coopérative bruxelloise Färm, qui a ouvert son quatrième magasin et vise bien plus haut encore : 16 magasins d’ici 2019,  en franchise, et également dans d’autres villes belges. A Leeds au Royaume-Uni un autre beau projet nous a séduits : l’ouverture d’un supermarché vendant uniquement des excédents  alimentaires. Les produits n’y ont pas de prix fixes : les clients paient en fonction de leurs moyens. Une semaine presque parfaite pour un journalisme retail constructif …


Abus de pouvoir

… si ce n’est qu’Ahold Delhaize a joué les trouble-fête. A peine quelques semaines après la parution d’une étude scientifique démontrant que le déréférencement nuisait plus au retailer qu’au fabricant concerné, le groupe fusionné n’a pas hésité à utiliser cette arme ultime. Nous ne pouvons qu’en prendre acte. Dès lors le retailer se voit accusé d’abus de pouvoir, tant par ses propres franchisés (du moins aux Pays-Bas) que par les fabricants de marque, qui font front ensemble.


Un autre aspect, peut-être moins souligné, dans cette fameuse étude de la KU Leuven, est l’effet temporaire des déréférencements : une fois un accord conclu et les produits à nouveau dans les rayons, tant le retailer que le fabricant concerné (dont le nom ne pouvait être divulgué, souvenez-vous) ont très vite retrouvé leur chiffre d’affaire et leur part de marché habituels. Cette étude semble donc être un outil utile pour le retailer : grâce aux statistiques de la KU Leuven, il peut parfaitement calculer ce que lui coûtera un déréférencement. Une perte temporaire et prévisible ne fait pas le poids face à un bénéfice à long terme, n'est-ce pas ? Curieux de connaître la prochaine victime.


Ah, ces études. Si l’on en croit les chiffres d’une récente étude d’IRI, les supermarchés feraient mieux de renoncer aux promotions, qui contribuent à peine à la croissance au sein de la catégorie concernée et dont les fabricants de marques se servent uniquement pour enquiquiner les concurrents. Vous voilà prévenus. A la semaine prochaine !