L’alliance renforcée entre Système U et Auchan inquiète les distributeurs européens

L’alliance renforcée entre Système U et Auchan inquiète les distributeurs européens

Les distributeurs français Auchan et Système U ont annoncé une alliance renforcée, qui inquiète leurs concurrents européens. Même si l’alliance juridiquement n’est pas une fusion, elle pourrait dans la pratique avoir le même impact.

Système U et Auchan renforcent leur collaboration

Les numéros cinq et six du marché français de la distribution ont décidé d’unir leur pouvoir d’achat pour leurs marques maison, comme ils le faisaient déjà pour les produits de marques. Leur pouvoir d’achat commun atteindrait ainsi 50 milliards d’euros par an. Les deux parties envisagent également la création d’une entité de gouvernance commune composée de 8 personnes (4 représentants de chaque groupe).


Par ailleurs il est question aussi d'un échange d’enseignes : ainsi 247 supermarchés  Simply Market pourraient passer d’Auchan à Système U, qui les exploiterait sous franchise sous l’enseigne Super U, tandis que 70 Hyper U pourraient adopter l’enseigne Auchan sous franchise.


Cette collaboration a ses raisons : en France, tout comme ailleurs, les marges sont sous pression, principalement suite à la politique de prix agressive menée par E. Leclerc, mais également suite à la concurrence accrue des chaînes allemandes Aldi et Lidl. De plus, d’autres concurrents ont eu aussi conclu des alliances d’achat, notamment Intermarché et Casino, ainsi que Carrefour et Cora.


Le mot ‘fusion’ est évité

Même si leur collaboration est intense, les deux parties refusent de parler de fusion. « Système U est une coopérative qui ne se laissera pas racheter », indique le groupe. La coopérative compte quelque 900 indépendants affiliés et réalise un chiffre d’affaires de 24 milliards d’euros, généré presqu’exclusivement en France.  Quant à Auchan il s’agit d’une entreprise familiale : 90% des actions sont aux mains des descendants du fondateur Gérard Mulliez, les 10% restants sont détenus par le personnel.


Même si juridiquement il ne s’agit pas d’une fusion, l’on pourrait considérer ce rapprochement comme une cohabitation légale qui aurait les mêmes conséquences qu’un mariage. C’est pourquoi les deux groupes ont dû soumettre leur plan de collaboration à l’ Autorité de la concurrence européenne, qui pourrait renvoyer le dossier à Paris. La décision finale est attendue au plus tard début 2016.


La multiplication des alliances d’achat en France inquiète bon nombre de groupes étrangers. Ainsi Aldi et Lidl devront faire face à une concurrence de taille à la frontière ouest de leur marché domestique, alors que les distributeurs belges subiront cette même concurrence à leur frontière sud. Peut-être faut-il considérer les tentatives de rapprochement entre Delhaize et Ahold dans ce même contexte.

 

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