L’industrie de la viande veut interdire le « burger végétarien »

L’industrie de la viande veut interdire le « burger végétarien »
Photo : Shutterstock.com

Le Parlement européen votera cette semaine une possible interdiction de termes comme « burger végétarien » et « saucisses véganes ». Selon l’industrie de la viande, ces dénominations suscitent la confusion chez les consommateurs.

 

Exclusivité

Le lobby agricole européen Copa-Cogeca veut que des termes comme hamburger, steak et saucisse restent exclusivement réservés aux « véritables » produits de viande. En d’autres termes, ils demandent d’interdire l’utilisation de ces appellations pour les alternatives végétariennes. Selon l’organisation, des termes comme « burger végétarien » ou « saucisses véganes » pourraient prêter à confusion chez les consommateurs. Dans De Standaard, Jean-Pierre Fleury (Copa-Cogeca) évoque même un détournement culturel.

 

La commission Agriculture du Parlement européen a entendu les demandes de l’industrie de la viande. Cette semaine, les députés européens voteront sur un amendement à un règlement qui stipule que « les noms utilisés pour les produits à base de viande sont réservés exclusivement aux produits contenant de la viande, dont le steak, la saucisse, les côtelettes et le hamburger ».

 

Appui des multinationales

Bien entendu, les mouvements environnementaux et les organisations qui défendent les aliments d’origine végétale sont farouchement opposés à toute interdiction. Et ils balaient résolument l’argument de la confusion. « Il n’y a absolument aucune preuve du fait que les consommateurs seraient trompés ou induits en erreur par la façon dont les produits végétaux sont dénommés actuellement. Au contraire : c’est en modifiant les appellations maintenant que l’on va créer la confusion », a déclaré Nena Baeyens de l’asbl Ethisch Vegetarisch Alternatief. Selon elle, les appellations comme « burger végétarien » et « saucisse végane » apportent des informations importantes sur les saveurs à attendre d’un produit.

 

On notera aussi que les grands groupes agroalimentaires comme Nestlé et Unilever s’opposent également à l’interdiction de ces appellations. Il est vrai qu’ils ont investi massivement dans divers substituts de viande ces dernières années et voient un marché croissant pour ces produits. Il faut également rappeler que le vote de cette semaine au Parlement européen n’est pas contraignant. Il sera suivi de négociations avec les États membres et la Commission.