Les actionnaires d’Unilever acceptent son déménagement

Les actionnaires d’Unilever acceptent son déménagement
Photo : Dmitry Rukhlenko / Shutterstock.com

Les actionnaires hollandais d’Unilever acceptent la relocalisation du fabricant de produits de grande consommation à Londres. Malgré la menace d’une pénalité de départ de 11 milliards d’euros, les actionnaires ont voté à la quasi-unanimité.

 

Feu vert aux Pays-Bas

Lors de l’assemblée générale annuelle d’Unilever aux Pays-Bas, plus de 99 % des actionnaires ont voté en faveur de la relocalisation en Grande-Bretagne, rapporte RTL. Le vote a été une étape importante dans la prétendue « unification » du fabricant de marques, qui veut en finir avec sa double structure anglo-hollandaise. Après des négociations avec les deux gouvernements et des cycles de consultation avec les actionnaires de la société, l’enseigne a choisi de devenir exclusivement britannique.


Les actionnaires britanniques doivent maintenant également donner leur consentement formel. Cette déclaration se fera lors d’une assemblée des actionnaires le 12 octobre. Une fois leur feu vert donné, Unilever pourrait en principe traverser définitivement la Manche d’ici le 22 novembre.

 

Amende de 11 milliards ?

Aux Pays-Bas, un projet de loi vise déjà à mettre des bâtons dans les roues au déménagement : le parti GroenLinks veut introduire une « taxe de sortie » qui obligerait les entreprises quittant les Pays-Bas à payer une pénalité. Dans le cas d’Unilever, l’amende pourrait s’élever à 11 milliards d’euros. Les actionnaires devraient en effet payer un impôt sur les dividendes, que la société devrait percevoir et reverser sur plusieurs années.


Toutefois, l’une des raisons derrière la relocalisation à Londres était l’absence d’impôt supplémentaire sur les dividendes pour les investisseurs. Unilever estime que le projet de loi est contraire aux réglementations européennes (notamment sur la libre circulation des capitaux) et à la convention fiscale entre le Royaume-Uni et les Pays-Bas, mais les experts juridiques craignent que ces arguments ne tiennent pas la route. Si le projet de loi devait être adopté par le Parlement, l’entreprise renoncerait assurément à ses plans de délocalisation.