Les commerçants et les fabricants alimentaires s’engagent à réduire les déchets plastiques

Le retail et l’industrie alimentaire belges prennent de nouveaux engagements afin de gérer durablement le plastique et les emballages. Le recyclage est le fer de lance, mais certains se montrent sceptiques.


40 actions d’ici 2025

La lutte contre les déchets (plastiques) bat son plein : tant la fédération de l’industrie alimentaire belge Fevia que la fédération du commerce Comeos, annoncent leurs engagements en vue de réduire les déchets plastiques et gérer plus durablement les emballages. Ces engagements font suite à de précédentes promesses de la Fevia, Comeos, l’Unizo et Buurtsuper à l’égard du gouvernement flamand.


La Fevia a formulé six engagements relatifs aux emballages – comprenant plus de 40 actions –  à réaliser d’ici 2025. L’organisation souligne que les promesses vont encore plus loin que « les ambitieux objectifs fixés par l’Europe ». Le secteur entend notamment recycler 65% du plastique d’ici 2023, alors que l’Europe demande 55% de recyclage d’ici 2030. La Fevia s’engage également à utiliser 50% de matériaux recyclés dans les emballages de boissons d’ici 2025 et de collecter et recycler 90% des emballages de boissons d’ici 2022. En outre, tous les emballages devront être recyclables, réutilisables ou biodégradables d’ici 2025.


Pour éviter les déchets sauvages, la Fevia ambitionne de doubler « la collecte sélective des emballages out-of-home » d’ici 2025. Ceci devrait permettre de réduire les déchets sauvages de 20% d’ici 2022. La part d’emballages ménagers dans les déchets sauvages devrait être réduite de moitié d’ici 2025.


« Il faudra beaucoup investir »

Outre la fédération sectorielle, neuf autres grands fabricants de marques ont souscrit aux objectifs, à savoir AB InBev, Alken Maes, Coca-Cola, Danone, Mars, Nestlé, Pepsico, Spadel et Unilever. Récemment le géant des boissons Coca-Cola a également lancé une campagne provocatrice appelant les consommateurs à ne plus acheter de cola s’ils ne recyclaient pas les déchets.


Reste à voir qui prendra en charge l’infrastructure nécessaire et les coûts : sur ce point les avis divergent. L’Association des villes et communes flamandes se montre sceptique, indique le journal De Standaard : le fait que tous les emballages deviennent recyclables n’est pas une solution, « si ensuite ils aboutissent en rue ou dans la nature ».


« Il faudra beaucoup investir au niveau des centres de tri, des capacités de recyclage, de nouveaux emballages. Cela demandera du temps », admet Ann Nachtergaele de la Fevia dans le journal. « Nous prenons nos responsabilités, mais nous appelons également à poursuivre les efforts en vue d’une gestion solide et réaliste des emballages, adaptée à notre pays et nos produits de qualité. Pour ce faire les autorités, les parties prenantes et les entreprises doivent unir leurs forces », confirme le président Jan Vander Stichele.


Le nouveau sac bleu

Tant Comeos que Fevia croient profondément au nouveau ‘sac bleu’ qui sera progressivement introduit en Belgique : grâce à l’extension du tri des PMC,  tous les emballages plastiques pourront être jetés dans un seul sac à partir de fin 2020. « Ce sont par conséquent huit kilos par habitant par année de plastique en plus qui seront collectés sélectivement et qui n’aboutiront donc plus dans le sac des déchets résiduels et dans les incinérateurs », précise Dominique Michel, CEO de Comeos.


Grâce à ce système, il ne sera pas nécessaire d’instaurer une consigne sur les emballages plastiques en Belgique, estime la Fevia. Pourtant Rob Buurman de l’ONG Recycling Netwerk, militant pour un système de consignes, s’interroge sur les avantages environnementaux : « Il sera plus difficile de bien traiter les fractions actuelles et d’autant plus d’en fabriquer des produits de qualité. »


Fini les sachets à légumes et les gobelets

Comeos entend également réduire la quantité de plastique dans les rayons des magasins. A partir de décembre 2019 les supermarchés ne proposeront plus de sachets en plastique pour les fruits et légumes, ce qui représente  « une économie de 600 millions de sachets par an ou 2.500 de tonnes de plastique au total ». Les supermarchés fourniront des alternatives comme des sachets en coton, en papier ou compostables à domicile.


A partir de l’an prochain les supermarchés n’apposeront plus d’autocollants sur leurs fruits et légumes sous marque maison, à moins qu’ils soient compostables. Avant que l’interdiction européenne sur les sacs en plastique à usage unique n’entre en vigueur en 2021, les chaînes de restaurants belges affiliées à Comeos s’engagent à ne plus utiliser de gobelets jetables en plastique et à  les remplacer par une version en carton.