Les courses plus chères ? Inévitable

Les courses plus chères ? Inévitable
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L’augmentation des tarifs à venir dans les supermarchés belges ne fait plus aucun doute. Eux-mêmes confrontés à une hausse des coûts des matières premières, de l’énergie et du transport, les fournisseurs exigent des prix plus élevés. Les négociations sont en cours. 

 

« Deuxième crise »

Les supermarchés et les producteurs sont en train de négocier les prix de gros pour l’année prochaine. La plupart des fournisseurs proposent des augmentations de 5 à 10%, qui peuvent atteindre 25% dans certains cas extrêmes. En cause : la brutale augmentation des coûts des matières premières, de l’énergie et des transports. « La situation est assez extrême. Il s’agit en fait d’une deuxième crise après la crise sanitaire. Nos fournisseurs répercutent une partie de l’augmentation de leurs coûts, et nous sommes contraints d’en faire de même dans les supermarchés, a déclaré le porte-parole d’une enseigne alimentaire belge à De Tijd.
 

De grandes multinationales comme Kraft Heinz, PepsiCo et AB InBev ont déjà annoncé des augmentations ces dernières semaines. Selon la Fevia, la fédération de l’industrie alimentaire belge, des dizaines d’entreprises pourraient embrayer prochainement.
 

Les supermarchés comprennent les aspirations des entreprises alimentaires, mais restent vigilants face aux demandes trop brutales. « Certaines entreprises agissent par opportunisme et l’augmentation qu’elles demandent est excessive », explique un directeur de supermarché. « Nous remarquons par exemple que les producteurs de grandes marques demandent une augmentation deux fois plus élevée que celle des fournisseurs de nos marques de distributeur. Des concurrents qui fabriquent le même produit peuvent également avoir des revendications très différentes. Dans ce cas, il y a un problème. Seules les hausses de prix légales sont approuvées. »

 

Inévitable

Si les prix de gros augmentent, les prix à la caisse devront sans doute augmenter eux aussi. Les marges des chaînes de supermarchés ne dépassent pas quelque cent et elles n’auront d’autre choix que de répercuter les hausses de prix. Reste à savoir quand les augmentations de prix seront visibles sur les tickets de caisse. 
 

Notre rédacteur en chef Stefan Van Rompaey ne s’attend pas à une brutale augmentation le 1er janvier : les chaînes de supermarchés s’épient et aucune ne voudra être la première à augmenter les prix. Mais elles vont franchir le pas petit à petit. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Colruyt a averti il y a deux semaines qu’il ferait moins de bénéfices cette année. Le groupe de supermarchés craint de devoir supporter lui-même les hausses de prix au début, car la concurrence n’osera pas augmenter ses prix immédiatement. »