Les supermarchés bientôt obligés de céder leurs aliments excédentaires ?

Les supermarchés bientôt obligés de céder  leurs aliments excédentaires ?

Six députés PS ont déposé au parlement wallon un projet de loi visant à obliger les supermarchés à céder leurs denrées alimentaires invendues à des associations caritatives, tant que les produits ne sont pas périmés. En cas de non-respect de cette mesure, les supermarchés risquent de perdre leur permis d’environnement .

660.000 tonnes d’aliments par an à la poubelle

Chaque année en Belgique 660.000 tonnes de denrées alimentaires atterrissent dans la poubelle, alors que 200.000 Belges ne disposent pas d’ une alimentation suffisante. Pas moins de 46% de fruits et légumes par exemple ne sont pas consommés. Les ménages essentiellement, mais également l’horeca, la restauration collective et les supermarchés sont responsables de ce gaspillage. Certains  produits alimentaires  sont considérés comme ‘déchets’ avant même que la date de péremption soit dépassée.


Les six députés wallons du PS  proposent de lier l’octroi du permis d’environnement à la redistribution des invendus alimentaires (dont la date de péremption n’est pas encore dépassée) à des organisations caritatives. Le projet du PS s’inspire de l’exemple de Herstal (près de Liège), où  le collège échevinal cet été a conditionné le renouvellement du permis d’environnement du Carrefour local à la collaboration à un programme d’aide alimentaire. Herstal compte deux associations qui fournissent des produits alimentaires à quelque 18.600 démunis.


Réaction mitigée de Comeos

La fédération du commerce Comeos, qui en collaboration avec les ministres fédéraux de la Lutte contre la pauvreté proposera d’ici quelques semaines un nouveau projet contre le gaspillage alimentaire, n’est pas opposée à l’initiative, mais émet toutefois certaines réserves.


« Une alimentation sûre n'est pas un privilège réservé à ceux qui peuvent se le payer », explique le porte-parole Peter Vandenberghe à l’agence de presse Belga. « Nous n'allons jamais accepter qu'il existe deux circuits d'alimentation. »  La fédération évoque également les obligations en termes de sécurité alimentaire et de traçabilité.


Comeos  nuance quelque peu le problème des  surplus dans les supermarchés.  « En dehors de l'aspect éthique, jeter  représente  une perte purement économique pour les commerçants. L'art de gérer un commerce est d'évaluer précisément les attentes d'achat. Les commerçants qui se retrouvent avec un surplus, essaient donc de vendre d'abord leurs produits excédentaires par vente rapide. »

 

Projet de récupération d’aliments dans cinq magasins Delhaize

De son côté Delhaize a lancé en toute discrétion des projets locaux de collecte alimentaire. Dans les magasins Delhaize de Saint-Trond, Gand,  Waterschei, Diest et Sint-Katelijne-Waver, une organisation caritative récupère  chaque jour  à partir de 16 heures trois types de produits: des aliments frais avec une étiquette jaune de réduction, des aliments secs et du pain surgelé.


Le distributeur indique que ces collectes se déroulent selon  des procédures très strictes en matière de sécurité alimentaire. Les produits ayant dépassé la date de péremption et les aliments contenant des produits frais ne sont pas redistribués. Delhaize a l’intention de déployer ce projet dans dix autres magasins.


Colruyt contre le projet de loi

Colruyt par contre ne soutient pas ce  projet de décret. Le discounter de Hal, qui l’année dernière a donné près de 240 tonnes de produits aux banques alimentaires, préfère centraliser sa marchandise dans ses dépôts « où les banques alimentaires viennent retirer deux à trois fois par semaine les denrées excédentaires. »  Ce système  fonctionne bien, estime Colruyt, qui par conséquent ne voit pas l’utilité d’imposer à ses magasins locaux des problèmes logistiques supplémentaires.


D’autre part Colruyt s’interroge  sérieusement quant au lien que veulent  établir les politiciens du PS avec  l’octroi d’un permis d’environnement : « Les produits qui ne sont pas collectés au profit des banques alimentaires sont détruits et méthanisés. Cela nous permet de réduire notre impact environnemental en produisant de l'énergie verte. Lier le don de denrées alimentaires à l'obtention d'un permis d'environnement ne nous paraît pas être une bonne mesure », estime-t-on à Hal.

 

 

Traduction : Marie-Noëlle Masure

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