Les supermarchés en France contraints de donner leurs invendus à des banques alimentaires ?

Les supermarchés en France contraints de donner leurs invendus à des banques alimentaires ?

En France, 63 députés de tous partis politiques ont déposé fin juillet une proposition de loi contraignant les grandes surfaces de plus de 1000 m² à donner « leurs invendus alimentaires encore consommable à au moins une association caritative dans le secteur de l’aide alimentaire ».

200 tonnes de déchets

Pour ces députés, à l’initiative du député du Nord Jean-Pierre Decool (apparenté UMP), « les mesures actuelles de prévention et d’information sur le gaspillage alimentaire ne suffisent plus ».  En France, chaque grande surface produit 200 tonnes de déchets par an, et les français jettent en moyenne entre 20 et 30 kg de déchets alimentaires chaque année, dont 7 seraient encore emballés au moment de passer à la poubelle.


De nombreuses grandes surfaces n’ont pas attendu l’avis des députés pour faire l’effort de trier et donner leurs invendus à des associations.  En 2012, 1 400 hypermarchés français ont donné 32 000 tonnes de denrées, soit l’équivalent de 64 millions de repas.  Au total, les grandes surfaces contribuent pour 31% aux dons récoltés par les banques alimentaires, selon la Fédération qui regroupe une centaine de banques et antennes.


Un coût pour les magasins

Cet effort représente inévitablement un coût pour les grandes surfaces. Il nécessite la mobilisation de plusieurs salariés et en moyenne une heure de travail pour jour pour effectuer le tri des aliments non-périmés. Un coût aussi en termes de logistique et de place nécessaire.


Aussi, le député Jean-Pierre Decool vise d’abord les grandes surfaces de plus de 1000m². « Il faut que le magasin ait la possibilité, dans le cadre de sa gestion, de mettre en place ce dispositif.  Cela aura tout de même un coût. Maintenant, cela peut peut-être repousser un supermarché ou un discounter de 700 m² à faire de même de sa propre initiative », rétorque le député dans une interview au Journal du Dimanche.


Reste à savoir comment les associations parviendront à s’organiser pour réceptionner de grosses quantités de denrées supplémentaires, si le projet de loi aboutit. Il faudra tenir compte d’un savoir-faire pour trier les produits, les stocker, disposer de moyens pour financer des équipements nécessaires au respect des règles de sécurité sanitaire, comme des camions réfrigérés ou encore des chambres froides.

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