Morrisons accepte l’offre, mais des enchérisseurs se manifestent

Morrisons accepte l’offre, mais des enchérisseurs se manifestent
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Le fonds d’investissement américain Fortress est en pole position pour acquérir la chaîne de supermarchés britannique Morrisons. Mais d’autres acteurs entrent en scène : au moins deux autres groupes ont déjà fait part de leur intérêt et pourraient préparer une contre-offre.

 

Prix équitable

Samedi dernier, Morrisons, par la voix de son président Andrew Higginson, a déclaré soutenir l’offre de 6,3 milliards de livres (7,4 milliards d’euros) du consortium mené par Fortress. « Les administrateurs de Morrisons estiment que l’offre représente un prix équitable et recommandable pour les actionnaires, qui tient compte des perspectives d’avenir de Morrisons », a-t-il expliqué.

 

Il s’agit de la deuxième offre en peu de temps pour le retailer britannique. Le mois dernier, Morrisons avait rejeté une première offre de Clayton Dubilier & Rice (CD&R) jugée largement insuffisant. L'investisseur voulait mettre 5,5 milliards de livres (6,4 milliards d'euros) sur la table. Conformément aux règles britanniques, CD&R a maintenant jusqu’au 17 juillet pour émettre une offre finale ou se retirer.

 

Mais un troisième acteur vient de monter en scène.  Apollo Global Management, un autre fonds d’investissement américain, envisage également de lancer une offre pour la chaîne de supermarchés. L’investisseur a en tout cas engagé la banque d’affaires Morgan Stanley comme conseil, rapporte The Guardian. Apollo avait déjà tenté d’acquérir Asda avant d’être contraint de se retirer au profit des frères Issa, fondateurs du groupe de stations-service EG, qui ont finalement obtenu la chaîne de supermarchés pour l’équivalent de 7,5 milliards d’euros.

 

Proie attrayante

Morrisons est considéré comme une proie attrayante : le groupe est propriétaire d’environ 85% de ses « actifs » – y compris ses supermarchés – et a adopté une approche commerciale intégrée. Elle entretient des relations à long terme avec les agriculteurs et les fournisseurs, ses propres sites de production de denrées alimentaires (boulangeries, abattoirs, etc.) et même sa propre flotte de pêche. La chaîne compte 500 magasins au Royaume-Uni.

 

Selon Andrew Gwynn, analyste financier chez Exane, l’offre de Fortress a de bonnes chances d’être acceptée par au moins 75% des actionnaires. « Fortress ne semble pas proposer de changements agressifs et veut donner à la direction le pouvoir d’exécuter sa stratégie à plus long terme. [...] Il y a de bonnes chances que le deal se fasse », a-t-il déclaré.