Plus de figues après Pâques : les fruits et légumes se font rares

Plus de figues après Pâques : les fruits et légumes se font rares
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Le prix des citrons a doublé et les raisins appartiennent à l’histoire ancienne. La crise du coronavirus entraine une sévère pénurie de travailleurs saisonniers et engendre des problèmes de transport ainsi que la fermeture des frontières.

 

Les fruits espagnols ne sont plus récoltés

Il est de plus en plus difficile de trouver des fruits et légumes frais dans les rayons de nos supermarchés : en effet, les agriculteurs et les maraîchers font face à un manque de main-d’œuvre à cause de l’épidémie. En Espagne, les travailleurs saisonniers n’arrivent plus à se rendre dans les champs pour la cueillette et l’emballage, la transformation et le transport sont également fortement impactés par les absences pour maladie et les mesures de sécurité.

 

Les citrons et les oranges, mais bientôt aussi les nectarines et les pêches, ne seront plus récoltés et deviendront des denrées rares. Les augmentations des prix deviennent donc inévitables : le prix des citrons a déjà doublé, indique Jurgen De Witte, PDG de l’entreprise de fruits et légumes Group A, au journal De Tijd. Les agrumes viendront aussi parfois à manquer dans un futur proche.

 

Ni figues ni petits pois après Pâques ?

Les approvisionnements en provenance d’autres régions stagnent également : en Inde et en Afrique du Sud, par exemple, la vie publique est pratiquement au point mort, ce qui signifie aussi que l’approvisionnement en raisins, fruits de la passion et légumineuses s’épuise progressivement. Au printemps, presque tous les raisins proviennent d’Inde et d’Afrique du Sud, qui est d’ailleurs un important carrefour pour les produits venus de pays africains voisins.

 

La disparition du trafic aérien constitue un autre problème : beaucoup de plus petits fruits et légumes (litchis, figues, petits pois et autres) arrivent normalement à l’aéroport dans les soutes des vols de passagers. Il n’y a, pour l’instant, pas de problème majeur à déclarer, car des tonnes de produits importés sont encore en route sur des navires, mais « dans deux semaines, la situation sera plus incertaine », déclare-t-on chez Greenyard.

 

Permettre aux chômeurs temporaires de cueillir les fruits

La pénurie de travailleurs saisonniers se fera également ressentir en Belgique. Selon le Boerenbond, pas moins de 90 % des fruits et légumes belges sont cueillis par des travailleurs migrants venus de Pologne, de Roumanie et de Bulgarie, mais les frontières sont désormais fermées. « Actuellement, seuls 7 000 travailleurs belges sont sur le pont, alors qu’il nous en faut en réalité 20 000. En mai, il en faudra même 30 000 », déclare le Boerenbond, qui demande au gouvernement de donner aux chômeurs temporaires la possibilité de participer à la cueillette.

 

En France résonne le même appel. En Allemagne, le gouvernement a même créé une marketplace en ligne pour mettre les travailleurs en contact avec les agriculteurs.

 

Il est probable que dans les semaines et les mois à venir, les rayons des magasins soient principalement remplis de produits locaux, puisque les exportations de fruits et légumes belges sont également en baisse à cause cette crise. Les prix de ces produits cultivés au pays sont donc en baisse, celui des asperges a déjà diminué de moitié, principalement en raison de la fermeture du secteur de la restauration, tandis que ceux des fruits et légumes provenant de l’étranger vont augmenter.