Pourquoi Carrefour Market à Loppem vaut le détour

Jusqu’il y a trois ans, Matthias De Waele (30 ans) vendait des voitures à Oostkamp alors que sa compagne Tine Vanderyse (29 ans) travaillait chez Philip Morris. Rien ne laissait présager qu’ils exploiteraient un Carrefour Market florissant à Loppem aujourd’hui…

 

Apprendre les ficelles du métier

 « Disons que cela nous démangeait et que l’envie de démarrer quelque chose ensemble nous titillait », admet Tine. « Dans le cadre de mon travail, j’étais souvent amenée à visiter des supermarchés et l’idée d’un commerce de proximité nous tentait. » Matthias et Tine ont d’abord pensé ouvrir un Express mais, après concertation avec le responsable des franchisés de la centrale de Carrefour, leur choix s’est finalement porté sur la formule Market. « Et nous n’avons pas regretté cette décision un seul instant », affirment-ils en chœur.
 

Après une formation intensive dans plusieurs magasins intégrés – entre autres à la boucherie, ce qui a beaucoup plu à Tine – le couple s’est jeté à l’eau : il a passé deux semaines dans le magasin de Loppem aux côtés des exploitants sortants, Xavier Bouillon et Sylvie Clarebout. « Il n’est évidemment pas possible d’apprendre toutes les ficelles du métier en un laps de temps si court », réalise Matthias. « C’est une base, mais cela ne suffit pas. »
 

Cette formation n’était d’ailleurs qu’un début. Le magasin repris par Matthias et Tine n’étant plus au goût du jour, Carrefour tenait à procéder à un remodelage immédiat. À cela s’est ajoutée la nouvelle ouverture dominicale à partir de la fin août, à laquelle le personnel et la clientèle ont dû s’habituer. Autant dire que Matthias et Tine ont eu fort à faire dès le début. « Nous avons heureusement pu compter sur le soutien indéfectible de notre enseigne. »

 

Le bon concept

Le remodelage a surtout porté ses fruits au rayon frais. « C’est la tendance du moment et nous avons pleinement joué cette carte en installant de nouveaux présentoirs pour les fruits et légumes et la boulangerie. Nous avons sacrifié quelques mètres d’alimentation sèche au profit des fromages, du poisson, des plats préparés… Divers aménagements ont en outre permis de rendre le magasin plus attrayant : rayonnages plus spacieux, éclairage LED, meubles frigorifiques bas, stickers à la boucherie afin de créer une ambiance plus chaleureuse… »
 

Tine et Matthias sont visiblement satisfaits des changements. « Pour nous, le concept est parfait, et il séduit aussi visiblement nos clients. Ils s’attardent davantage dans le magasin et le panier moyen augmente. Le personnel est lui aussi fier de travailler ici. Le magasin (700 m²) est bien visible depuis la grande route ; il est juste dommage que le parking donne sur une rue latérale et pas sur la route principale. »

 

À bas le désordre

Le parking est quoi qu’il en soit proprement aménagé : les arbustes et buissons en mal d’entretien ont été arrachés. La propreté et l’ordre sont aussi… à l’ordre du jour à l’intérieur ! « Les facings doivent former un tout homogène, il ne doit pas y avoir de rupture, et nous ne laissons surtout pas traîner de déchets d’emballage dans les rayons… » Apparemment, c’est un peu une obsession pour Matthias qui amuse ou ennuie parfois le personnel, mais globalement, ce souci du détail s’avère payant. Après tout, personne n’aime faire ses courses dans un supermarché désordonné, n’est-ce pas ?
 

Tine suit actuellement une formation en boucherie. Elle veut pouvoir donner un coup de main en rayon pour les préparations, les plats cuisinés et les salades. « Nos bouchers ont beaucoup d’expérience et m’aident énormément. Heureusement d’ailleurs, car ce n’est pas facile. En plus, je dois suivre les cours en soirée car, en journée, je suis bien trop occupée au magasin. » Outre son offre propre, le Market de Loppem propose également les plats préparés selon les recettes de Sandra Bekkari par le biais du traiteur Beet de Wingene.

 

Spécialités

Matthias et Tine ont une idée bien précise de la manière dont ils veulent gérer leur Market : ils ne veulent pas d’un magasin ‘ordinaire’, mais tiennent à proposer des spécialités, à organiser des initiatives originales, à lancer des idées rafraîchissantes… «  Nous voulons convaincre les gens de faire le détour par Loppem pour venir faire leurs courses chez nous. » Le sympathique scooter du Market, couvert de messages publicitaires, sillonne la région.
 

« Les gens trouvent ça amusant. Les réactions sont très positives. Nous disposons également d’une camionnette frigorifique que nous prêtons aux clients qui commandent de gros volumes de boissons ou de produits pour le barbecue. Ceux qui n’achètent pas chez nous peuvent aussi la louer à prix d’ami. Cela renforce la visibilité de notre magasin. La camionnette est très pratique lors des communions, des fêtes associatives, d’un grand barbecue et dans bien d’autres occasions. Au fond, les gens nous paient pour faire notre publicité ! »

 

Suis-je sur la bonne voie ?

Matthias et Tine ont du mal à croire qu’ils en sont déjà là aujourd’hui. « Nous sommes vraiment partis de rien ! C’est fou en fait… On fonctionne à l’adrénaline, on ne réfléchit pas trop et on avance. Bien sûr, nous avons été bien encadrés, nous pouvons demander de l’aide à tout moment, les représentants de Carrefour nous ont conseillés à toutes les étapes (formation, démarrage, remodelage…), mais quand même… En définitive, il reste très difficile de définir les besoins. »
 

Matthias en fait plusieurs fois la remarque au cours de notre entretien : « L’exploitant de magasin indépendant n’a pas de caisse de résonance. En fin de journée, on se demande parfois si on est sur la bonne voie. L’aide du personnel est à cet égard incroyablement précieuse. Certains de nos collaborateurs travaillaient déjà ici alors que je n’étais même pas né. Nous nous montrons donc ouverts aux conseils et aux critiques constructives. Nous examinons les choses ensemble mais au bout du compte, c’est le gérant qui assume la responsabilité finale. »