125.000 m² de tendances retail : 5 conclusions après EuroShop 2020

125.000 m² de tendances retail : 5 conclusions après EuroShop 2020
Foto’s: Messe Düsseldorf, Constanze Tillmann

EuroShop 2020, le plus grand salon retail au monde a survécu au virus corona et a démontré avec brio comment la technologie numérique de vente au détail atteint un niveau de maturité toujours plus grand. Ceux qui avaient espéré des gamechangers spectaculaires sont cependant restés un un peu sur leur faim.

 

1) Le coronavirus comme trouble-fête

Non, contrairement au Mobile World Congress de Barcelone, l’EuroShop de Düsseldorf n’a pas été annulé. Mais la peur était au rendez-vous : le salon a mis l’accent sur les nombreuses précautions à prendre. Des distributeurs de désinfectant pour les mains étaient ainsi accessibles à de nombreux endroits, un certain nombre de participants se promenaient avec des masques et certains stands respectaient une politique « interdisant les poignées de main ». Plusieurs exposants avaient également l’impression de constater moins de passage le dimanche et le lundi. Selon les organisateurs, le salon a accueilli 19 000 visiteurs de moins qu’il y a trois ans. Le fait qu’il y ait eu en particulier moins de visiteurs venus de Chine est évident, tout comme l’annulation de quelques dizaines d’exposants chinois. En outre, les entreprises qui se sont présentées ont eu le plus grand mal à trouver du personnel pour gérer leurs stands, car leurs employés n’avaient pas de visa de sortie. Ils ont donc dû s’en remettre à des partenaires européens.

 

2) Vous avez dit retail connecté ?

Dans le commerce de détail de demain, tout est relié : dans le cloud, bien sûr. Le magasin physique se numérise très rapidement et devient ainsi « phygital ». Même les caddies deviennent « intelligents » : plus de fente pour la monnaie, mais une application pour ouvrir la serrure. Le scanner intégré ajoute des produits à votre liste d’achat et le paiement se fait grâce à votre téléphone, il n’est donc plus nécessaire de faire la file à la caisse. Wanzl et Mago ont, entre autres, dévoilé de tels systèmes. Les étiquettes de prix électroniques ne se contentent pas uniquement d’afficher le prix : une plate-forme cloud, Pricer, aide les détaillants à gérer leurs stocks, surveiller les plans de rayons, prévenir les pertes de denrées alimentaires, offrir des services « click & collect » et la géolocalisation...

 

Les caméras réseau Axis ne servent pas seulement à prévenir les vols, mais peuvent aussi contribuer à améliorer l’expérience du client : elles fournissent les données nécessaires à l’instore analytics qui permet aux détaillants de mieux adapter l’offre et l’agencement du magasin aux attentes des clients. Un « masque digital » garantit la préservation de la vie privée des employés et des clients, conformément à la ligne directrice du RGPD.

 

3) Tout le monde veut devenir Amazon Go (mais c’est difficile et coûteux)

Un magasin sans zone de friction, où l’on peut entrer et sortir comme bon nous semble : c’est et cela reste le doux rêve de nombreux détaillants et fournisseurs de technologie. Jusqu’à présent, il n’y a qu’un seul concept qui fonctionne vraiment en pratique, mais personne n’a les poches aussi profondes que Jeff Bezos. Pourtant, à EuroShop, vous avez pu découvrir plusieurs tentatives permettant de vous rapprocher de cette expérience « Just Walk Out ». Pour la chaîne de magasins allemande dédiée aux produits santé, Tegut, Wanzl a développé un magasin container plus ou moins comparable à ce qu’Auchan Minute et AH to go avait déjà présenté. Pour Würth, l’installateur a mis en place un concept de magasin sans personnel, ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et fonctionnant avec une application permettant aux professionnels de s’y rendre n’importe quand. Toshiba  a également fait la démonstration d’un «magasin sans friction» qui utilise des capteurs en rayon et une technologie de caméras — mais ce projet pilote est encore loin d’être déployé.

 

4) Les robots : de joujou à employé logistique

Au stand Toshiba, nous avons pu admirer le robot Badger qui circule déjà dans les magasins américains d’Ahold Delhaize : il vérifie le stock des rayons et s’assure que rien ne traine sur le sol (les détaillants souhaitent être couverts en cas de procédure en dommages et intérêts). De plus, le Stockbot de l’entreprise espagnole PAL Robotics mesure automatiquement l’inventaire du magasin sur la base d’étiquettes RFID et/ou d’images de caméras. Décathlon l’utilise déjà. D’autres robots, comme ceux de l’entreprise belge Zorabots, sont plus divertissants : ils servent du café ou du Bacardi-Cola, ou ils entreprennent une danse qui attirera sans aucun doute les curieux.

 

5) L’intelligence artificielle devient progressivement... plus intelligente

La force motrice de tous ces développements est appelée intelligence artificielle, ou plus précisément apprentissage machine avancé : le but est que les applications alimentées par de plus en plus de données montrent également des résultats plus pertinents. À terme, cela permettra de mieux prévoir les comportements d’achat, de personnaliser les offres, de donner des conseils pertinents... Par exemple, les caméras intelligentes reconnaissent de mieux en mieux les produits sans code barre, système utile pour les balances et caisses en libre-service.
 

La conclusion générale de cette édition du salon retail est donc plus ou moins celle-ci : EuroShop a surtout confirmé les tendances dominantes. Miroirs interactifs, solutions de paiement mobile, applications de RV, distributeurs automatiques innovants, écrans LED spectaculaires... tout cela n’est plus tout à fait nouveau, mais la technologie atteint progressivement un plus grand niveau de maturité. Ils représentent donc des investissements très intéressants. Les chances de retrouver réellement toutes ces technologies en magasin augmentent donc de jour en jour.