Cette année, Amazon Prime Day assure le spectacle et la controverse

Cette année, Amazon Prime Day assure le spectacle et la controverse

Les membres d’Amazon Prime fêtent leur Prime Day aujourd’hui. L’importance de cette journée de shopping à bas prix tant controversée ne cesse de croître : Amazon a débuté le festival avec des concerts et les concurrents proposent des prix cassés.

Les concurrents suivent la tendance

Malgré un bref crash au démarrage aux Etats-Unis, l’Amazon Prime Day bat son plein depuis hier. Cette année, le festival du shopping en ligne dure 36 heures, soit encore plus longtemps que l’année dernière, et les acheteurs membres d’Amazon Prime peuvent profiter de rabais exclusifs et de lancements de produits dans le monde entier. Pour la première fois, les membres Prime peuvent également participer aux Pays-Bas.

 

L’importance du Prime Day ne cesse de croître – ou du moins, c’est ce que prétend Amazon. Comme son rival chinois Alibaba, Amazon ajoute également du show et du spectacle à cet événement discount. Le weekend dernier, l’entreprise a organisé des concerts, un d’Ariana Grande notamment, qui bien sûr, ne sont visibles que via le service de streaming de l’entreprise de technologie et retail. Frappant : malgré la longue préparation, le site américain a crashé dès le démarrage. L’afflux était-il trop massif, ou c’est Amazon qui souhaitait surtout créer cette impression ? Un coup monté ou non, cela a permis au géant retail de Seattle de bénéficier d’une très grande attention médiatique supplémentaire.

 

Les retailers concurrents se sont mêlés à l’événement. Walmart et Target offrent également des ristournes pendant cette période de deux jours, alors que d’autres grands retailers comme Home Depot, Staples et Best Buy réagissent en ajustant leurs prix aux offres promotionnelles d’Amazon Prime Day.


Boycott et grèves en Europe

Néanmoins, les protestations contre le Prime Day sont de plus en plus nombreuses. Un appel au boycott s’est transformé en un véritable mouvement de contestation, soutenu par les employés, les acheteurs, les journalistes et les utilisateurs des plateformes vidéo d’Amazon. Ils se plaignent des conditions de travail, en particulier dans les centres de fulfilment du géant en ligne, où les travailleurs se plaignent d’une charge de travail trop lourde, d’un traitement incorrect (comme le licenciement en cas de maladie ou le refus d’accorder des pauses) et d’une rémunération trop basse.

 

En Espagne, les travailleurs d’Amazon font la grève depuis trois jours, et des actions syndicales sont également en cours en France, en Italie, en Pologne et au Royaume-Uni. En Allemagne, le syndicat Verdi appelle à une grève spontanée, bien qu’Amazon pense que seule une infime partie des plus de 12.000 employés allemands vont réellement arrêter le travail et que les livraisons ne seront pas retardées.

 

Objectif : gagner de nouvelles âmes Prime

Comme la majeure partie du chiffre d’affaires d’Amazon – et tous ses bénéfices – proviennent des services technologiques, le chiffre d’affaires supplémentaire réalisé le jour du Prime Day est certes le bienvenu, mais pas réellement significatif en soi. Selon un analyste de Wedbush Securities chez CNN, le chiffre d’affaires du lundi ne sera ‘que’ six fois supérieur à celui d’un jour habituel et représente près de 2% du chiffre d’affaires total.

 
Il est nettement plus important de gagner de nouvelles âmes prêtes à s’abonner au programme d’adhésion Prime : les membres dépenseraient près de 1400 dollars par an chez Amazon, alors que les non-membres dépensent à peu près 600 dollars, selon Consumer Intelligence Research Partners. Avec son « Noël en juillet », comme le CFO d’Amazon Brian Olsavsky nomme le Prime Day, l’entreprise espère donc surtout attirer de nouveaux membres et lier ainsi de plus en plus de personnes à l’écosystème Amazon.

 

Aujourd’hui, plus de la moitié de toutes les familles américaines seraient déjà membres du service Prime. Celui qui en fait usage, l’utilise de plus en plus au fil des ans, affirme Amazon. En effet, selon eMarketer, Amazon détient déjà 49,1% de toutes les dépenses retail online aux Etats-Unis, ce qui lui confère une avance énorme sur eBay (6,6%) qui se positionne à la seconde place. Avec l’ajout de magasins physiques et de services, l’écosystème devient de plus en plus puissant.