Chine : de l’e-commerce au biohacking en à peine une décennie

À l’heure actuelle, la Chine totalise 42 % des transactions e-commerce mondiales. L’Empire du Milieu se tourne donc déjà vers le prochain défi : des poches des clients à leur corps. Des avancées spectaculaires sont réalisées dans le domaine de la reconnaissance faciale, du biohacking et de la robotisation.

 

Leader incontesté de la course technologique

Il n’est pas surprenant que la mise au monde des premières jumelles génétiquement modifiées soit le fait d’un scientifique chinois. La Chine fait en effet la course en tête dans le domaine de l’innovation (technologique). Les choses y évoluent à toute vitesse, notamment en raison de la quasi-inexistence de restrictions légales, propice à une commercialisation rapide des innovations. Les Chinois sont aussi plus prompts à adopter les nouvelles technologies, car ils ne partagent pas les réserves des consommateurs occidentaux en matière de respect de la vie privée. La vidéosurveillance en rue est par exemple communément acceptée : 170 millions de caméras CCTV traquent et filment les citoyens partout où ils vont.
 

1,4 milliard de Chinois sont épiés en permanence, la reconnaissance faciale ayant d’ores et déjà dépassé la résolution de l’œil humain. Le gouvernement chinois a notamment introduit un système de crédit social qui sert à évaluer le niveau de citoyenneté des habitants. Chaque citoyen se voit attribuer un score qui peut être modifié en temps réel s’il commet des infractions, pouvant aller de la diffusion de fausses informations aux délits financiers. Le système deviendra obligatoire en 2020, mais est déjà d’application dans certaines régions.

 

Révolution industrielle de nouvelle génération

Ce n’est là qu’un exemple du rôle joué par le développement technologique dans l’essor de cette nouvelle puissance mondiale. Le président Xi Jinping (nommé à vie) parle d’une ‘révolution industrielle de nouvelle génération’ entamée au début du 21e siècle et qui embrasse les nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle, l’Internet des objets et la blockchain.
 

Kentucky Fried Chicken a par exemple commencé les livraisons par drones en Chine. Même l’action ‘Payez avec le sourire’, qui utilise les posts sur les médias sociaux et les selfies comme moyen de paiement, n’a rien de loufoque pour les jeunes Chinois. Et alors que les voitures sans conducteur sont toujours interdites sur les routes européennes, les véhicules autonomes ont déjà fait leur apparition dans certaines mégalopoles chinoises.
 

Jinping souhaite ainsi « réformer en profondeur la structure économique globale ». Alibaba ambitionne à elle seule de devenir la 5e économie mondiale, au même titre qu’un pays à part entière, avec 100 millions d’employés, 10 millions d’entreprises sœurs et 2 milliards de clients à l’horizon 2020. Après avoir mis la main sur environ 90 % du marché chinois avec leurs écosystèmes, les deux géants technologiques Tencent et Alibaba jettent à présent leur dévolu sur le reste du monde.
 

Ils forment des alliances avec des retailers et marques occidentaux, qu’ils aident à prendre pied sur le marché Chinois en échange de la mise en place de services numériques et de bases de données en Occident. Tencent est par exemple partiellement financée par Walmart, mais l’entreprise collabore aussi avec Auchan et aide aussi depuis peu Carrefour à percer en Chine.

 

Dans la tête du consommateur, littéralement

Les données forment la pierre angulaire de toutes ces collaborations. Forte de son statut de géant de la technologie et du retail pesant la bagatelle de 500 milliards de dollars, Alibaba est convaincue que les données sont la clé de la réussite, et non le chiffre d’affaires en soi. Les entreprises et les marques qui exploitent le mieux ces données seront les vainqueurs de demain, estime Alibaba.
 

La prochaine étape devient ainsi de plus en plus tangible. Pour reprendre les termes de l’auteur et historien renommé Yuval Noah Harari : à l’heure où les géants de la technologie se heurtent aux limites des algorithmes en ligne, ils réalisent que les gens ont également un corps qu’ils peuvent truffer d’appareils, tels que des capteurs biométriques reliant directement le cerveau humain aux ordinateurs.
 

On peut donc s’attendre à l’essor du biohacking et de la biométrie, y compris dans la sphère du commerce et du retail. La preuve : un scientifique chinois a récemment dévoilé les premières jumelles ‘génétiquement modifiées’ au monde, premier cas pratique (médical) de biohacking. Quelle sera la suite ? Pour ce qui est du retail, le message d’Alibaba est clair : ‘Born in China, made for the world’.

 

Vous souhaitez en savoir plus sur la Chine et le rôle qu’elle jouera dans le futur du commerce ? Jorg Snoeck, fondateur de RetailDetail et co-auteur de l’ouvrage Le Futur du Shopping, s’est rendu sur place et a réuni ses impressions dans une nouvelle présentation keynote. Et que diriez-vous de participer à la prochaine retailhunt en Chine du 23 au 30 mars 2019 ? 35 retailers de premier plan ont déjà réservé leur ticket. Il ne reste plus que deux places. Faites vite !