Comment la Wallonie veut sauver le commerce de proximité

Comment la Wallonie veut sauver le commerce de proximité

Dans les villes wallonnes aussi le taux d’inoccupation des cellules commerciales augmente à vue d’œil. Afin de remédier à ce problème, André Antoine, président du parlement wallon, propose quelques pistes, qui ne feront probablement pas l’unanimité.

Les retail parks en périphérie dans le collimateur

En Wallonie aussi le nombre croissant d’espaces commerciaux vides est une dure réalité : à l’heure actuelle le taux d’inoccupation s’élève à environ 17%. Entre 2005 et 2013 le nombre de petits magasins a diminué de 5,4%. Grand temps de sauver les magasins de proximité, argumente André Antoine (cdH) au fil des 63 pages de son livre ‘Urgence pour le commerce de proximité’. Mais les pistes avancées par le président du parlement wallon risquent de ne pas plaire à tout le monde.


Ainsi André Antoine plaide pour un moratoire sur les nouveaux retail parks et centres commerciaux en périphérie des villes, « afin de stopper l’hémorragie. Je pense avant tout à la grande distribution, pas nécessairement aux magasins de bricolage ou aux concessionnaires de voitures, qui évidemment ont besoin de grands espaces », explique-t-il dans le journal L’Avenir.


Pourtant la Wallonie dispose depuis 2015 déjà d’un décret concernant les implantations d’activités commerciales, instauré par le précédent ministre de l’Economie Jean-Claude Marcourt (PS). Mais ce décret ne suffit pas, estime André Antoine : « Plus de 70% de toutes les demandes de permis sont octroyées. Grand temps de sévériser la loi », souligne-t-il. Dans cette optique la Région wallonne a un rôle important à jouer : actuellement un permis communal suffit jusqu’à 2.500 m², Antoine veut abaisser cette limite minimum à 1.000 m².


Et ‘last but not least’ André Antoine souhaite instaurer des taxes supplémentaires pour tous les grands centres commerciaux et retail parks aux abords des villes. Le montant de cette taxe varierait en fonction de la surface commerciale et du chiffre d’affaires réalisé. « Je sais que cela suscitera de sérieuses controverses. Mais l’argent rapporté pas ces taxes ira à un fonds régional pour le renouvellement des villes. »