L’acquisition de Grandvision ne tient plus qu’à un fil : un tribunal d’arbitrage tranche en faveur d’EssilorLuxottica

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Nouvel épisode dans la saga du rachat de la chaîne de lunettes Grandvision: un tribunal d’arbitrage suisse donne gain de cause au (candidat-)acquéreur EssilorLuxottica qui pourrait désormais, en théorie, annuler l’opération sans devoir débourser de dommages-intérêts substantiels. Le scénario le plus probable reste cependant une renégociation de l’accord.

 

Plus d’indemnités de rupture de 400 millions

L’acquisition de GrandVision est un véritable feuilleton : initialement, EssilorLuxottica avait mis sur la table 7,3 milliards d’euros pour le propriétaire, notamment, de la chaîne d’optique Pearle, mais la crise sanitaire a rapidement tendu les relations entre le chasseur et la proie. EssilorLuxottica a jugé que Grandvision n’avait pas fourni suffisamment d’informations sur la manière dont elle avait géré les premiers mois de la pandémie et a donc estimé qu’elle était en droit de renoncer à l’opération.

 

Grandvision refusait cette interprétation – et avait jusqu’ici obtenu gain de cause – et a voulu contraindre EssilorLuxottica à respecter l’accord. Faute de quoi le propriétaire de Ray-Ban et d’Oakley, entre autres, devrait verser une indemnité de rupture de 400 millions d’euros. L’affaire a été soumise à un tribunal d’arbitrage suisse qui vient de trancher en faveur d’EssilorLuxottica.

 

Une opportunité de renégocier l’accord à la baisser ?

Cela signifie concrètement que le lunetier peut désormais décider d’annuler purement et simplement l’acquisition de Grandvision, sans frais supplémentaires. Il y a cependant peu de chances qu’on en arrive là : EssilorLuxottica a déjà consacré beaucoup d’efforts à cette opération, notamment pour répondre aux objections européennes en matière de concurrence. Mais à présent que le pire de la pandémie est passé, EssilorLuxottica pourra exploiter la décision d’arbitrage pour obtenir de meilleures conditions, et notamment un prix plus bas.

 

Pour l’instant, le groupe franco-italien s’est contenté de déclarer qu’il étudiait les options qui se présentaient à lui. Grandvision et son propriétaire HAL ont exprimé leur déception, mais attendent de nouveaux développements avant de communiquer.