La Belgique ferme à nouveau les magasins non essentiels

La Belgique ferme à nouveau les magasins non essentiels
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Pour la deuxième fois cette année, la Belgique annonce un confinement stricte dans la lutte contre le coronavirus. Tous les magasins non essentiels resteront fermés pendant six semaines à partir du lundi 2 novembre.

 

Intervention nécessaire

La décision n'était pas inattendue : plusieurs experts et politiciens avaient insisté sur ce point ces derniers jours et la France voisine avait déjà subi un confinement très strict en début de semaine. Une intervention stricte est nécessaire maintenant que les chiffres sont complètement hors de contrôle. Les contacts doivent être évités autant que possible.
 

Même s'il y a peu d'infections dans les magasins, le shopping génère trop de trafic, avec beaucoup de gens qui se rassemblent. C’est pourquoi tous les magasins "non essentiels" vont à nouveau fermer, tout comme au printemps dernier, où la grande majorité des commerces de détail sont finalement restés fermés pendant huit semaines. Cela s'applique également aux professions de contact comme les coiffeurs ou les esthéticiens. Seuls les magasins d'alimentation, les supermarchés, les pharmacies, les marchands de journaux, les magasins d'aliments pour animaux et les banques resteront ouverts. Le service ‘click & collect ‘ sera néanmoins possible.


Les magasins seront évalués au plus tard le 1er décembre.  "Nous allons faire tout notre possible pour que les règles soient les mêmes pour tous. Il n'y a aucune raison de thésauriser, c'est antisocial", a déclaré le premier ministre Alexander De Croo lors de la conférence de presse. "Je voudrais appeler la population à soutenir nos entrepreneurs locaux", a ajouté le ministre-président flamand Jan Jambon. Le ministre-président de Bruxelles Rudi Vervoort a approuvé et a implicitement fait référence à Amazon, qui emploie aujourd'hui pas moins d'un million de personnes. 

 

Chasse aux cadeaux en ligne

Les restrictions auront à nouveau un impact économique énorme sur le secteur du commerce de détail. D'autant plus que le moment ne pourrait être pire : la fin d’année est cruciale pour les détaillants. Le mois de novembre est traditionnellement marqué par diverses actions promotionnelles, telles que Singles Day et Black Friday. Suivent Saint-Nicolas et Noël. La chasse aux cadeaux devra probablement se dérouler 100% en ligne cette année, et les grandes plateformes internationales en particulier en profiteront.
 

La fédération professionnelle Comeos avait souligné en début de semaine qu'un nouveau confinement était "impensable". Mais plusieurs détaillants ont également indiqué qu'en raison de la persistance des mauvaises nouvelles, le passage et les ventes avaient tellement chuté ces derniers jours qu'il n'est souvent plus rentable de maintenir le commerce ouvert. Ce matin, Proximus a été le premier détaillant à annoncer qu'il fermerait ses magasins de son propre chef à partir de lundi.

 

Commentaires : "Cela coûte 100 millions d'euros par jour"

Les fédérations du commerce de détail demandent des mesures de soutien pour leur secteur touché. "Nous comprenons cette décision car la santé publique est primordiale mais c'est un autre coup dur pour le secteur qui est déjà en difficulté. La fermeture entraînera une perte de plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires par jour, soit 4 milliards d'euros pour six semaines de fermeture. C'est pourquoi nous demandons au gouvernement un ensemble complet de mesures de soutien", déclare Dominique Michel, PDG de Comeos. Il demande une exonération des cotisations de sécurité sociale pour le troisième trimestre, une intervention dans les frais de location comme décidé par le gouvernement français et la fin de toutes les taxes que les magasins doivent payer comme les frais de stationnement ou les taxes sur la publicité lumineuse.
 

La Mode Unie demande que le secteur de la mode, en raison des énormes stocks restants, soit reconnu comme un secteur gravement touché. L'organisation espère également que le gouvernement contribuera activement à sensibiliser les consommateurs au fait que les achats locaux et belges sont plus que jamais nécessaires.