La taxe polonaise jugée ‘xénophobe’ par les distributeurs internationaux

La taxe polonaise jugée ‘xénophobe’ par les distributeurs internationaux

‘Discriminatoire’ et ‘xénophobe’ : voilà les termes utilisés par les grands distributeurs internationaux pour qualifier la nouvelle taxe que vient d’approuver le gouvernement polonais et qui touchera les grandes chaînes de supermarchés.

Impôt progressif

A partir du 1er août la Pologne va introduire une taxe sur les revenus que génèrent les supermarchés dans le pays et ce selon un tarif progressif : les distributeurs dont le revenu mensuel dépasse 170 millions de zlotys (38,8 millions d’euros), paieront une taxe de 1,4%. Pour les revenus inférieurs à ce montant, la taxe s’élèvera à 0,8%. Les entreprises générant moins de 17 millions de zlotys (3,8 millions d’euros) seront exonérés. C’est ce que vient de décider le gouvernement conservateur polonais cette semaine.


 ‘L’impôt sur les supermarchés’ – comme est déjà surnommée la nouvelle taxe – a pour objectif de « garantir l’égalité des droits et des chances des petits commerçants polonais face aux grands acteurs », explique la Première ministre polonaise Beata Szydlo, qui ainsi admet que la taxe touchera principalement les grands distributeurs, qui – hasard ou non – sont pour la plupart des acteurs étrangers.


« Xénophobie économique »

« Nous sommes contre ce projet discriminatoire », souligne Maria Andrzej Falinski, présidente de la fédération sectorielle POHiD, le pendant polonais de ‘notre’ Comeos. POHiD représente notamment les groupes français Auchan, Carrefour, Castorama et E. Leclerc, les distributeurs allemands Kaufland, Lidl et Metro, ainsi que le portugais Jeronimo Martins et le britannique Tesco.


Le POHiD a l’intention d’utiliser « tous les moyens juridiques et institutionnels » pour combattre cette nouvelle mesure fiscale, qui – comme l’a déclaré Falinski  àl’agence de presse française AFP – témoigne  d’une « xénophobie économique » à l’encontre d’un secteur qui a investi 50 milliards d’euros en Pologne et offre du travail à plus de 200.000 personnes.


Ce projet de taxe avait déjà suscité de vives critiques auparavant, après quoi le gouvernement a permis quelques exceptions Ainsi les webshops et certains produits (dont les médicaments et certains produits alimentaires) sont exemptés de la nouvelle taxe.