Le CEO de Marks & Spencer impitoyable face à son enseigne jugée « lente et vieillotte »

Le chiffre d’affaires de Marks & Spencer ne cesse de décliner et le CEO Steve Rowe n’exclut pas d’autres fermetures de magasins. C'est un processus que doit traverser la chaîne britannique, estime-t-il.


Déclin du chiffre d’affaires

Marks & Spencer reste piégé dans une spirale descendante : durant le premier semestre (clos en septembre) le chiffre d’affaires des magasins ouverts depuis plus d’un an a reculé de 2,2%, tandis que le chiffre d’affaires total a chuté de 3,1% à 4,96 milliards de livres britanniques (5,7 milliards d’euros). Le segment food en particulier a connu une forte baisse (-2,9%), tandis que les vêtements et les articles pour la maison  ont reculé de 1,1%. En revanche le bénéfice avant impôts a augmenté de 2% à 223,5 millions de livres britanniques (255 millions d’euros).


De plus, il n’y a pas de redressement en vue pour cette année, avoue le CEO sans mâcher ses mots : le reste de l’année s’annonce difficile pour l’icône britannique et il y aura encore du pain sur la planche avant de voir une amélioration des chiffres.


D’autres fermetures de magasins en perspective

« Lente, hiérarchique et compartimentée », voilà comment le CEO décrit sa propre entreprise dans le rapport semestriel. Rowe est prêt à mettre tout en œuvre pour protéger la « magie » de Marks & Spencer, mais avant cela l’enseigne aura une période difficile à traverser. En mai dernier M&S annonçait la fermeture de 100 magasins d’ici 2022 et désormais il semble que d’autres fermetures de magasins ne soient pas exclues. Par la suite M&S réévaluera et  actualisera chaque année son portefeuille immobilier, précise Rowe à la BBC. Toutefois ces fermetures supplémentaires ne devraient pas survenir dans l’immédiat puisque la plupart des contrats locatifs des magasins de M&S sont d’une durée de 20 ans et il serait donc très coûteux de les résilier.


Marks & Spencer entend économiser jusqu’à 350 millions de livres (environ 400 millions d’euros), grâce à l’amélioration de son offre en ligne (l’online doit générer un tiers du chiffre d’affaires), une structure d’entreprise et de management plus rigoureuse et une diminution du nombre de magasins au profit de la qualité des magasins. Rowe se montre sévère, mais cohérent : pour l’exercice en cours le management ne touchera pas de bonus en raison des résultats décevants.

 

Des magasins séparés

Chaque année les magasins Marks & Spencer accueillent 32 millions de clients, d’une grande diversité. C’est pourquoi, selon le CEO, la chaîne se doit d’avoir un vaste assortiment de produits qui puisse satisfaire tous les goûts, mais pas nécessairement dans un seul et même magasin. Pour les vêtements et les articles d’aménagement de la maison Rowe vise moins de magasins, mais de plus grand format. Le CEO précise qu’actuellement ce segment se caractérise par « une clientèle vieillissante, un assortiment très vaste, une faible chaîne d’approvisionnement et un portefeuille de magasins vieillot ».


Pour M&S Food il prévoit des prix plus bas et des magasins séparés. En outre il souhaite supprimer les promotions confuses et moderniser les magasins. Les prix de centaines de produits alimentaires ont déjà été réduits, sans que cela n’apporte les résultats escomptés. « Nous retournons chaque pierre de l’entreprise pour que Marks & Spencer soit prêt à affronter l’avenir, ce qui signifie donc qu’un énorme travail est en train de se faire dans tous les domaines. Nous devons d’abord traverser cette étape avant de voir s’améliorer les chiffres », conclut-il avec fermeté.