Les caisses de l’État savourent la taxe sur les boissons sucrées

Suikertaks spijst de staatskas

Les caisses de l’État tirent largement profit de la taxe sur les boissons sucrées, qui l’an dernier a rapporté pas moins de 175 millions d’euros. Revers de la médaille : cette accise encourage les achats transfrontaliers.


175 millions d’euros

En 2015 la taxe sur les boissons sucrées n’avait rapporté ‘que’ 55 millions d’euros aux caisses de l’État. En 2018 les recettes de cette accise se sont élevées à 175 millions d’euros. En trois ans les recettes ont donc triplé.  « La taxe sur les boissons sucrées s’inscrit dans le cadre du ‘tax shift’, la transition de la taxe sur les revenus vers la taxe sur la consommation », explique Francis Adyns du SPF Economie à la VRT.


En introduisant la taxe soda, le gouvernement visait à encourager les consommateurs à boire moins de cola et de sodas, au profit d’alternatives plus saines, comme l’eau. L’instauration de taxes similaires à l’étranger avait en effet démontré que les consommateurs changeaient leur comportement de consommation lors d’une forte hausse de prix d’un certain produit (les sodas, dans ce cas-ci).


Toutefois cette taxe a eu un effet secondaire non-désiré : désormais les gens traversent la frontière pour s’y approvisionner en boissons et y achètent sans doute d’autres produits par la même occasion. Ainsi le gouvernement voit s’échapper des recettes fiscales vers l’étranger. Toutefois selon Adyns, ce phénomène ne doit pas être surestimé : « Les extras en revenus fiscaux sont un multiple de ce que nous perdons suite aux achats transfrontaliers à l’étranger. »