Pourquoi la technologie de livraison ne perce-t-elle pas ?

Robots, drones ou livraison dans le coffre de la voiture : des innovations ingénieuses , mais pour l’instant trop onéreuses pour être rentables et de plus rarement intéressantes pour le consommateur, affirme le CEO de Deutsche Post DHL.


« Il reste un long chemin à parcourir »

Il faudra encore attendre cinq à dix ans avant de voir des effets marquants de l’automatisation lors de la livraison de commandes en ligne, estime le CEO Frank Appel dans une interview accordée au journal Der Tagesspiegel : « La complexité du ‘last mile’ est élevée, donc l’automatisation se fera d’abord là où nous avons tout le système sous contrôle, au sein de nos propres centres de tri ou entrepôts. Pour la livraison il reste encore en long chemin à parcourir. Il ne suffit pas de faire porter un colis par un robot, faut-il encore qu’il sache où se trouve la sonnette, si le nom indiqué sur celle-ci est exact et comment réagir en cas d’absence du destinataire. »


DHL a testé des robots : ils fonctionnent bien, mais les appareils coûtent encore trop chers aujourd’hui. De même pour les serrures de porte intelligentes pour la livraison à domicile ou dans le coffre de la voiture. « Nous avons testé ce type de dispositifs et techniquement ça marche. Mais le système ne sera intéressant que si toutes les nouvelles voitures en sont équipées. Nous sommes prêts à collaborer avec tout fabricant qui l’envisagerait. » Les box à colis destinées aux maisons de particuliers ne sont plus disponibles. « La demande s’est avérée bien inférieure à nos attentes. A présent il nous faut imaginer quelque chose de nouveau. Mais l’expérimentation c’est le côté plaisant de l’entreprenariat. Ensuite les gens votent avec leurs pieds et disent de certaines innovations, qui techniquement sont réalisables, qu’en fait ils n’en ont absolument pas besoin. »


Certes, le nombre ‘pickup stations’ augmente, mais elles ne représentent qu’une part limitée du volume total. Preuve que finalement les clients sont assez satisfait  du service actuel : « On peut planifier les horaires de livraison ou livrer le colis chez des voisins. Si la livraison à domicile était réellement insatisfaisante, les gens seraient beaucoup plus nombreux à utiliser des ‘lockers’. » Selon le CEO, dans 20 ou 30 ans on continuera à livrer des colis, mais avec des moyens techniques, comme des exosquelettes pour porter des paquets lourds. Et peut-être les articles coûteux, tels que les smartphones, seront-ils livrés par drones ...