Réouverture des magasins en deux phases, à partir du 4 mai ?

Réouverture des magasins en deux phases, à partir du 4 mai ?
Photo: Alexandros Michailidis / Shutterstock.com

Selon un rapport du groupe d’experts chargé de préparer un plan de déconfinement ayant fuité dans la presse, un grand nombre de magasins devraient être autorisés à rouvrir à partir du 4 mai. Les experts déclarent cependant qu’il ne s’agit que d’une version provisoire et que, de toute façon, une décision à ce sujet ne sera prise que vendredi lors du Conseil national de sécurité.

 

Reprise en plusieurs phases

Les dix experts préparent actuellement un rapport préconisant un plan de déconfinement progressif. Il ne s’agit bien sûr que de conseils qui devront d’abord être soumis à l’approbation de la Première ministre, Sophie Wilmès. Le Soir a déjà pu consulter le document et annonce que l’économie pourrait reprendre partiellement à partir du 4 mai. Une partie des magasins pourraient donc rouvrir à condition, bien sûr, qu’ils respectent les mesures strictes en vigueur.

 

On ne sait pas exactement quels sont les magasins concernés, mais il s’agirait, entre autres, des magasins de vélos, des garages automobiles, des distributeurs de matériaux de construction et des magasins commercialisant les produits nécessaires à la fabrication de masques buccaux. Le retrait de commandes en ligne pourrait également être autorisé. Dans une seconde phase, à partir du 18 mai, les écoles ainsi que les autres entreprises et magasins pourraient reprendre leurs activités. Le secteur de la restauration et les parcs d’attractions doivent attendre une troisième phase, mais aucune date n’a encore été évoquée.

 

Les conseils des experts offrent donc une perspective de plan de déconfinement, mais ne semblent pas répondre entièrement aux demandes du secteur retail. La fédération professionnelle Comeos a déjà déclaré qu’une réouverture par secteur n’est pas une bonne idée, car que le gouvernement créerait ainsi une concurrence déloyale. Pour la fédération, le seul critère de réouverture doit être le strict respect des mesures déjà en vigueur dans les supermarchés et les magasins de bricolage, afin de garantir la santé des employés et des clients.

 

Dans un article d’opinion largement diffusé, le fondateur de RetailDetail, Jorg Snoeck, avait déjà plaidé en ce sens, et Unizo partage également cette opinion : « Toutes les entreprises ayant la possibilité de respecter les mesures de sécurité en vigueur pour prévenir la contamination du coronavirus doivent pouvoir reprendre leurs activités au plus tard le 4 mai, si elles le souhaitent », déclare son administrateur délégué Danny Van Assche. Sur Twitter, l’entrepreneur Wouter Torfs se montre mécontent, car, selon les rumeurs, les magasins de mode ne pourraient pas rouvrir le 4 mai. 

 

« Une stratégie de réouverture est nécessaire »

Les détaillants souhaitant rouvrir leur entreprise doivent s’interroger sur la rentabilité d’une reprise de leurs activités, déclare Yannick Dillen, professeur à la Vlerick Business School, dans une réponse à RetailDetail. « Une fois le magasin ouvert, les coûts sont de retour. Pour que l’entreprise soit rentable, le chiffre d’affaires doit évidemment être supérieur aux coûts. La question est donc de savoir si cela sera immédiatement possible après la réouverture. Le nombre de clients sera-t-il comparable à celui auquel ils étaient habitués avant la fermeture obligatoire ? C’est peu probable. Outre une éventuelle crainte des consommateurs de côtoyer d’autres clients, les détaillants peuvent aussi être confrontés à une limitation du nombre maximum de clients autorisés dans chaque point de vente. Le chiffre d’affaires s’en trouverait alors affecté. »

 

Il conseille donc de mettre le chiffre d’affaires prévu en relation avec les coûts : « S’il y a un déséquilibre structurel dans lequel le chiffre d’affaires est inférieur aux coûts, cela revient à se tirer une balle dans le pied. Des problèmes de liquidité peuvent survenir à court terme avec à la clé une éventuelle faillite. Outre un plan de déconfinement clair mis en place par le gouvernement, les commerçants devraient établir eux-mêmes leur propre stratégie de réouverture pour éviter un tel déséquilibre. Le fait de ne pas directement tourner en plein régime dès la reprise des activités peut faire partie de cette stratégie. Prendre, par exemple, un moment de recul et essayer de rouvrir avec moins de personnel et une gamme de produits plus limitée. Les chances de réaliser un chiffre d’affaires supérieur aux coûts et de reprendre des activités rentables en seront d’autant plus grandes. »