Wouter Torfs : « Nous sommes prêts à rouvrir »

Wouter Torfs : « Nous sommes prêts à rouvrir »
Photo Pat Verbruggen pour RetailDetail

Le confinement coûte 10 millions d’euros par mois à la chaîne de chaussures Torfs. Son directeur Wouter Torfs plaide pour une réouverture début décembre afin d’étaler les achats de fin d’année. En revanche, il n’est pas fan du shopping sur rendez-vous.

 

Rouvrir en toute sécurité

Mercredi, Wouter Torfs était l’invité de l’émission De Afspraak (Le Rendez-vous) sur la VRT. Il y a plaidé pour une réouverture rapide des magasins, même s’il s’est montré prudent : « Je pense que nous devons donner la priorité à la santé, écouter attentivement les experts et laisser le gouvernement prendre ses responsabilités. Mais d’un autre côté, si on observe la réouverture des magasins à la mi-mai après le premier confinement, on peut constater que ces magasins non essentiels ont prouvé qu’ils faire preuve de prudence et de sens des responsabilités. Je pense que cette sortie du confinement a été un succès pour les retailers grâce aux mesures de sécurité qui ont été prises, comme le maximum d’un visiteur par dix mètres carrés. Les chiffres ont également prouvé que le nombre de contaminations n’avait pas augmenté de façon spectaculaire après la mi-mai. »
 

La réouverture des magasins chez tous nos voisins est un argument supplémentaire : « En ce moment, nous faisons un peu figure d’île en Europe, nous sommes le seul pays où les magasins ne sont pas encore ouverts. Cela interroge. La santé publique est évidemment la priorité, mais l’absence de sélectivité dans les mesures cause des dommages importants à l’économie. Actuellement, nous sommes encore tous sous perfusion, mais cela s’arrêtera un jour et j’ai très peur de ce qui va arriver à ce moment. »

 

Une boutique en ligne pour limiter les dégâts

Wouter Torfs espère que les experts diront que les magasins peuvent rouvrir en toute sécurité : « Nous sommes prêts. Si on attend les vacances de Noël, je crains une ruée de clients qui veulent encore faire un peu du shopping. À mes yeux, il serait préférable de rouvrir début décembre : cela permettra d’étaler davantage les achats. » Que pense-t-il du shopping sur rendez-vous ? « Je pense que c’est réalisable si vous vendez des voitures ou si vous travaillez dans un magasin de salles de bain ou de cuisines. Mais pas pour nous : nous avons besoin d’un grand nombre de visiteurs. Ce ne serait qu’un pis-aller. Mais c’est mieux que rien. »
 

La fermeture des magasins coûte dix millions d’euros par mois à Torfs sur un chiffre d’affaires total de 150 millions. « Dieu merci, il y a les mesures d’aide, comme le chômage technique, qui maintiennent de nombreuses entreprises à flot – dont la nôtre. J’en remercie le gouvernement. Mais il ne faut pas sous-estimer le fait que nous sommes tous sous perfusion, que cette perfusion coûte très cher et que nous devrons en payer le prix un jour. » La boutique en ligne n’a pas pu compenser le manque à gagner des magasins physiques, mais elle a permis de limiter les dégâts. « Actuellement, les ventes en ligne couvrent 40 % de notre chiffre d’affaires. Ce n’est pas rien, mais cela signifie qu’il manque encore 60 %. »

 

« Achetez local »

Heureusement, Wouter Torfs parvient toujours à faire livrer ses chaussures au consommateur. « C’est un peu facile de critiquer bpost. Nous sommes à un pic, nous sommes en crise, nous devons la traverser ensemble. Chercher des boucs émissaires n’est pas la solution. » Torfs s’appuie également sur BD MyShopi pour environ 20 % de ses livraisons, en particulier dans les agglomérations. Le retailer a enfin ouvert des points d’enlèvement qui permettent à ses clients de retirer leurs colis en toute sécurité, d’essayer leurs chaussures chez eux et les retourner si nécessaire. « C’est un succès. »
 

Malgré tout, Wouter Torfs espère atteindre l’équilibre financier cette année : « Nous étions à nouveau dans le vert fin septembre, avec notamment des cashflows positifs. Une sacrée performance. Mais avec ces deux derniers mois, ça va être serré. » Ce qui l’amène à un nouveau plaidoyer en faveur du commerce local : « Achetez local, surtout dans les circonstances que nous connaissons. Achetez sur des webshops belges. Vous soutiendrez l’économie et l’emploi local. »