Mons : la logique immobilière se heurte aux intérêts commerciaux

Stadhuis van Bergen (Mons) met kerstverlichting

A Mons l’ancien magasin Mexx, inoccupé depuis plusieurs années, a été remis en location pour 30.000 euros par mois, nettement plus qu’un loyer moyen. Un exemple type qui illustre parfaitement la contradiction entre la logique immobilière et les  intérêts commerciaux et autres. 


Les investisseurs préfèrent un espace inoccupé

La cellule commerciale de 900 m², située dans l’attrayante zone piétonne de la ville, a été entièrement rénovée il y a plusieurs années. Toutefois le loyer a de quoi effrayer les candidats-locataires : 30.000 euros par mois, soit le double du prix du marché (200 euros par m² par an).


En cause ? Les spéculations immobilières, affirme Jean-Luc Calonger de l’AMCV (Association du Management de Centre-Ville) : les investisseurs immobiliers préfèrent garder leurs bâtiments vides, plutôt que de voir diminuer la valeur de leur patrimoine, explique-t-il à la RTBF.


Une bulle immobilière dans toutes les villes

Bien que le loyer réel après négociations sera probablement inférieur aux 30.000 euros demandés, Calonger parle d’un bulle immobilière qui touche quasi tous les centres-villes : un fossé se crée entre la réalité économique des commerçants et la logique financière des propriétaires immobiliers ; un fossé qui à la longue ne pourra plus être comblé.


« Aucun commerçant ne peut payer ce type de loyer excessif », souligne Calonger, alors que pour les financiers ce n’est en fait pas grave que les cellules commerciales restent vides. La perte de valeur  serait bien plus lourde que le loyer perdu, car cela affecterait la valeur de revente, ainsi que la valeur du reste du portefeuille immobilier.


Dans le cas précis de l’ancien magasin Mexx à Mons un deal entre la ville de Mons et le promoteur immobilier City Mall serait à l’origine du problème. City Mall voulait agrandir le centre commercial Les Grands Prés, mais la ville a exigé en contrepartie un investissement dans le centre-ville. Afin de contrer les pratiques de spéculation, la ville de Mons a mis au point une taxe : les amendes pour les bâtiments inoccupés ont récemment été revues à la hausse.