« La réduction des charges pour l’e-commerce ne va pas assez loin »

« La réduction des charges pour l’e-commerce ne va pas assez loin »

Le gouvernement Michel annonce une réduction supplémentaire des charges sur le travail de nuit afin de stimuler les activités e-commerce en Belgique. Comeos se dit satisfait, mais doute que cette mesure attire de grands acteurs vers la Belgique.

Réductions des charges pour le travail de nuit

La décision de l’e-tailer de mode Zalando de nos pas construire de nouveau centre de distribution en Belgique n’a pas manqué de faire réagir la scène politique. Ce weekend le gouvernement Michel a décidé d’une mesure surprenante dans le cadre de son accord budgétaire : l’octroi d’une réduction des charges visant à rendre le travail de nuit meilleur marché dans l’e-commerce.


Selon cette mesure, les entreprises actives dans le secteur du e-commerce auront droit d’ici peu à une réduction des frais salariaux à partir de 20h du soir. Le gouvernement étend donc la réduction déjà valable pour le travail de nuit entre minuit et 5h du matin. Pourtant l’affaire n’est pas encore dans le sac : la réduction des charges doit encore être approuvée par la Commission européenne, ce qui ne sera pas une mince affaire, écrit le journal De Tijd. L’Europe considère souvent les réductions de frais salariaux comme une aide d’Etat interdite, ce qui risque donc de freiner la mise en œuvre technique de cette mesure.


Encore trop limité

La fédération du commerce Comeos se dit satisfaite de la mesure. « Des études révèlent que 40% des consommateurs belges effectuent leurs commandes en ligne le soir après les heures de travail », affirme Dominique Michel, CEO de Comeos. « Grâce à cette nouvelle mesure, il sera plus facile pour les commerçants belges de s’adapter aux besoins du client. »


Reste à voir si cette mesure poussera effectivement les entreprises « à développer pleinement leurs activités e-commerce dans notre pays », comme le prévoit le gouvernement Michel. De grands acteurs comme Zalando et Bol.com, qui construisent des centres de distribution surtout aux Pays-Bas et en Allemagne, ne mordront probablement pas à l’appât, estime Dominique Michel : « Pour cela la mesure ne va pas assez loin. Nos pays voisins bénéficient de frais salariaux inférieurs de plus de 10% et d’une plus grande flexibilité. »


Mais le plus grand hic réside dans l’application de la mesure. Il n’est pas certain que les grands acteurs étrangers bénéficient de cette réforme, qui cible avant tout les entreprises avec une approche multicanal, notamment des enseignes telles qu’IKEA ou Vanden Borre qui exploitent tant des magasins physiques qu’un webshop. En Belgique les acteurs opérant uniquement en ligne depuis de grands centres de distribution sont soumis aux règles du secteur logistique. Or une réforme de cette réglementation serait trop onéreuse pour l’instant, estime le gouvernement qui avec sa nouvelle mesure espère la création de nouveaux emplois et donc une intervention neutre au niveau budgétaire.