30 janvier, le jour J pour Blokker Belgique

30 januari is D-day voor Blokker België
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Ce jeudi 30 janvier un conseil d’entreprise se tiendra chez Blokker, au cours duquel  le groupe décidera du sort des magasins belges de la chaîne. Les syndicats craignent de nouvelles fermetures.


Déficitaire

A peine trois ans après l’annonce d’une première restructuration qui a entraîné la fermeture de 63 magasins et la perte de plus de 230 emplois dans notre pays, la situation de Blokker Belgique ne s’est guère améliorée. Fin 2019 le propriétaire Michiel Witteveen annonçait que l’avenir des magasins belges serait évalué ce mois-ci. « La Belgique est un problème », disait-il. Les résultats des points de vente belges sont en effet dramatiques : durant l’exercice 2017-2018 le chiffre d’affaires a encore chuté de plus de 30% à 60 millions d’euros. De plus la branche belge a subi une perte opérationnelle de 4,6 millions d’euros.


« Sur les 128 magasins restants en Belgique, la direction nous a expliqué que seuls six étaient rentables »,  précise Anne-Marie Dierckx, secrétaire syndicale de la CNE, au magazine Trends. La crainte d’autres fermetures, voire même du retrait total de Belgique, semble donc fondée. Geert Kampschöer, CEO de Blokker Belgique, ne tient pas à réagir à ses spéculations : « Il est trop tôt pour faire des déclarations », souligne-t-il.


Une stratégie floue

Selon Dierckx, peu de choses ont changé chez Blokker depuis la reprise, à l’exception de la rénovation d’à peine cinq magasins. « Nous n'avons aucunement l'impression qu'il existe un véritable plan d'action cohérent derrière. La stratégie du groupe est complètement floue », affirme-t-elle.


Les difficultés de Blokker sont dues au fait que le groupe n’a pas su prendre le virage du e-commerce et n’a pas réussi à faire face à l’arrivée de nouveaux concurrents comme Action.  « Les catégories de produits en vente chez Blokker sont totalement compatibles avec l’e-commerce », estime l’expert en retail Gino Van Ossel. « Au départ la chaîne était axée sur les produits ménagers : poubelles, planches à repasser et autres. Il s’agit d’achats très fonctionnels auxquels les consommateurs ne veulent pas consacrer trop de temps, ni trop d’argent. Ils les commandent désormais en ligne. Du coup la chaîne a décidé de se tourner davantage vers les articles de décoration, mais Blokker n’a pas la crédibilité d’un magasin de décoration. »