Steinhoff en difficulté - et en liquidation ?

Steinhoff en difficulté - et en liquidation ?

Steinhoff, le plus grand distributeur de meubles après Ikea, a besoin de liquidité d’urgence pour éviter la faillite. L’une des pistes concrètes est la cession de sa chaîne de vêtements et d’articles ménagers très prospère, Pepco.

Scandale comptable

Le holding Steinhoff, qui détient notamment les enseignes d’ameublement française Conforama et autrichienne Kika, est dans de sales draps depuis fin décembre lorsqu’il a avoué « des irrégularités comptables » . Depuis l’action a perdu 95% de sa valeur. Les résultats, eux aussi, sont décevants : la perte nette au cours des six mois jusqu’à mars inclus s’est établie à 621 millions d’euros (contre 680 millions d’euros durant la même période un an plus tôt après révision des chiffres). Le chiffre d’affaires semestriel a chuté de 9,9 à 9,4 milliards d’euros.


Entretemps le holding met tout en œuvre pour éviter la faillite. Selon l’agence de presse Bloomberg, le groupe se serait mis en quête d’acheteurs potentiels, notamment des sociétés de private equity, pour sa chaîne Pepco. Cette chaîne de vêtements et de d’articles ménagers, avec ses quelque 1.300  magasins en Europe de l’Est, est rentable. La semaine dernière l’enseigne a publié d’excellents chiffres semestriels, avec une hausse du chiffre d’affaires de 40%. De plus, la chaîne est en pleine expansion : d’ici fin septembre le cap des 1.500 magasins devrait être atteint.


 Par ailleurs la chaîne britannique Poundland, qui dans ses 871 outlets vend des produits ménagers à une livre pièce, pourrait également être mise en vente. Durant le premier semestre cette enseigne a vu son chiffre d’affaires comparable progresser de 2,4%, contrairement à la tendance à la baisse sur le marché britannique.


Rééchelonnement de la dette d’abord

Avant d’entamer un processus de vente officiel, Steinhoff souhaite d’abord parvenir à un accord avec ses créanciers. Le groupe serait en négociation avec des obligataires concernant un report de deux ans sur le remboursement de 9,4 milliards d’euros de dettes.


Et c’est précisément là que le bât blesse, car pourquoi en tant qu’obligataire approuver un report de paiement qui donnerait le feu vert à la cession de l’un des joyaux qui pourrait être à la base de la résurrection de votre créancier ?  Mais l’alternative en cas de ‘niet’, à savoir la faillite, n’est guère plus réjouissante.