Medi-Market se lance en Flandre : « Nous sommes plutôt très conservateurs »

Medi-Market se lance en Flandre : « Nous sommes plutôt très conservateurs »

La première enseigne flamande de Medi-Market a ouvert ses portes à Gand samedi.  Il s’agit plutôt de deux enseignes : une pharmacie et une parapharmacie s’y retrouvent côte à côte.  C’est une étape importante pour le fondateur Yvan Verougstraete.

Du retard à Anvers

L’ouverture d’un Medi-Market à Gand se trouvait depuis longtemps sur la wishlist de Verougstraete : « Il y a un an, nous avions déjà décidé d’ouvrir des enseignes dans différentes villes flamandes.  Je suis ravi que les choses prennent forme, il a fallu beaucoup de temps pour finaliser le dossier. »


Pour Medi-Market, l’ouverture d’un nouveau point de vente n’est pas une évidence puisque le nombre de pharmacies avec autorisation est limité en Belgique : reprendre une pharmacie existante est quasi le seul moyen pour en ouvrir une nouvelle.  « Nous devons déterminer un nouvel emplacement, trouver un bien immobilier adéquat, pouvoir reprendre une pharmacie que nous pouvons déplacer et trouver les collaborateurs nécessaires.  A Anvers, notre emplacement n’a pas encore pu ouvrir ses portes puisque les travaux de rénovation du bâtiment ont pris du retard.  Cette enseigne devait être notre premier Medi-Market flamand », précise Verougstraete.

 
Les francophones sont davantage familiarisés avec la parapharmacie

Selon le fondateur francophone, le fait que la chaîne de pharmacies et de parapharmacies a démarré en Wallonie et arrive seulement maintenant en Flandre, trouve son origine dans une question linguistique.  « C’est arrivé relativement par hasard, à partir de mes propres antécédents linguistiques et c’est devenu ensuite une question d’opportunités. »


Ce qui joue également un rôle, c’est le fait qu’en Belgique francophone, les gens sont davantage familiarisés avec le concept de ‘parapharmacie’, un point de vente qui propose des produits de santé et de soins, disponibles sans prescription.  « Il y a plus de dix ans, des grandes marques françaises, comme Roche, avaient déjà lancé avec succès des dermacosmétiques et ont ainsi atténué la frontière entre les produits pharmaceutiques et la grande distribution », précise Yvan Verougstraete.


Pourtant, Medi-Market fait l’objet de beaucoup de critiques : tant l’Ordre des Pharmaciens que l’Association des Pharmaciens ont déjà entamé des poursuites judiciaires à l’encontre de la chaîne, que l’Ordre des Pharmaciens qualifie être une « atteinte à l’essence même de la pharmacie classique ».

 
« Comme la pharmacie de grand-mère »

Pourtant, un pharmacien est présent dans chaque pharmacie, comme le prévoit la loi, et il existe une séparation claire et physique entre les espaces qui proposent des produits médicaux et les espaces qui proposent des produits commerciaux.  Verougstraete : « Les gens disent que nous sommes très commerciaux, mais nous sommes plutôt très conservateurs.  Il y a une séparation claire entre les deux parties et les pharmacies ressemblent aux pharmacies de grand-mère, avec un pharmacien qui consacre du temps au consommateur ».


 « Des études de marché ont démontré que les gens doutent de la capacité des pharmaciens qui sont trop occupés à vendre des crèmes solaires et d’autres articles du même style.  Souvent, les pharmaciens n’ont plus assez de temps pour jouer leur rôle de conseiller.  Chez nous, c’est tout le contraire. »

 
Une politique de prix offensive

Où se situe le problème pour les autres collègues de secteur ?  Il est probable que la politique de prix offensive de Medi-Markt y soit pour quelque chose.  « Nous ne respectons pas le prix maximum fixe des médicaments qui est appliqué par les pharmaciens en Belgique.  Les gens pensent qu’il existe un prix fixe et obligatoire pour les médicaments.  Ce n’est pas du tout le cas, il existe seulement un prix maximum que le cartel des pharmaciens a décidé de faire payer. »


L’USP de Medi-Market est de toujours rester en-dessous du prix maximum, également au niveau des produits non-remboursés.  Medi-Market précise qu’elle applique les prix les plus bas, même dans la parapharmacie.  Comment fait-elle ?  « Les marges sont suffisamment grandes.  Nos marges sont plus petites que celles de la concurrence.  De plus, nous achetons en direct chez les fournisseurs – sans intermédiaires – et en grande quantité. »


Le Decathlon de la (para)pharmacie

L’ampleur de l’offre est encore un autre USP : la gamme d’un Medi-Market moyen compte près de 8.000 articles.  Le webshop de la chaîne propose 30.000 articles en ligne.  C’est une raison pour laquelle Verougstraete ne souhaite pas comparer sa chaîne à une chaîne discount.  « Les discounters ont une offre limitée et sélective dont ils cassent les prix.  Chez nous, c’est le contraire : tous les prix sont compétitifs, tous les jours de l’année ».


Si Medi-Market devait absolument être comparé à une autre chaîne, Yvan Verougstraete pencherait plutôt pour Decathlon.  « Nous investissons beaucoup dans le conseil.  Nous prônons le meilleur rapport qualité/prix.  Nous collaborons avec une équipe multidisciplinaire complète dans toutes nos enseignes, et dont la première fonction est de conseiller. »  Le flamand est-il prêt ?  Verougstraete ne voit aucune raison pour laquelle il ne le serait pas : « Cela durera peut-être un tout petit peu plus longtemps avant que le consommateur ne se familiarise avec le concept, mais notre approche est la même.  Le concept a uniquement été adapté niveau des marques et de l’offre. »

 
Tant physique qu’online

L’objectif est d’ouvrir encore six points de vente supplémentaires d’ici la fin de l’année.  Anvers en fait partie, mais le fondateur préfère ne rien dévoiler des autres emplacements.  « Les réactions sont toujours tellement nombreuses, que nous préférons être prudents et ne faire aucune déclaration. »


Les enseignes physiques restent néanmoins importantes.  « Un peu moins de 10% de notre chiffre d’affaires provient des ventes en ligne.  Il ne s’agit pas uniquement de clients qui achètent exclusivement online, mais également de clients qui réservent en ligne et qui viennent ensuite chercher leur commande dans un magasin.  Nous avons aussi des clients qui entrent d’abord dans une enseigne pour se faire conseiller et qui, ensuite, commandent en ligne.  Les magasins ont encore toujours le rôle principal.»