Évasion fiscale : les dirigeants de Gucci sous le feu des critiques

Évasion fiscale : les dirigeants de Gucci sous le feu des critiques

Les dirigeants de Gucci, la filiale italienne de la holding de luxe Kering, sont mis en examen pour évasion fiscale par le fisc italien. Plus de douze (anciens) managers sont concernés.

 

Aussi bien en Suisse qu’en Italie

Gucci aurait éludé l’impôt entre 2011 et 2017 en utilisant une plateforme logistique allemande pour transférer son chiffre d’affaires italien. La maison-mère Kering est parvenue à un accord à l’amiable avec les autorités fiscales italiennes et a versé 1,25 milliard d’euros en mai pour abandonner les poursuites. 


Cependant, l’enquête se poursuit et les autorités fiscales se tournent maintenant individuellement vers les dirigeants de la maison de couture lors de cette période : ils auraient perçu une partie de leur salaire en Suisse alors qu’ils ne travaillaient pas là-bas. À l’époque, ils travaillaient simplement au siège social situé à Milan.


Ces derniers auraient ainsi été en mesure d’échapper au paiement de plusieurs dizaines de millions d’euros d’impôts, relate le site d’information financière Bloomberg sur la base de sources fiables. Selon ces mêmes sources, les dirigeants étaient directement impliqués dans la décision de laisser transiter plus de 80 millions d’euros de salaires via Luxury Goods Services, une société basée en Suisse et une société basée au Luxembourg.

 

L’image de Kering entachée

L’enquête risque de coûter cher aux dirigeants, mais également à la société mère Kering. Chez Gucci, les négociations salariales pour les dirigeants étaient parfois menées sur la base du salaire « après le prélèvement des impôts ». S’ils doivent encore payer des amendes ou des arriérés d’impôts, certains exigeront peut-être une compensation de la part de l’entreprise.


En outre, toute cette affaire jette une ombre sombre sur l’image de la holding de luxe qui souhaite se définir comme le défenseur de l’éthique et de la durabilité dans le secteur du luxe. Kering nie catégoriquement l’existence de nouvelles accusations. En effet, les sources internes de Bloomberg confirment que l’enquête n’en est qu’à ses débuts.